Vue des manifestants en France.
En France, la brulure sociale est toujours vive. Et, elle n’a pas l’air de retomber. Le samedi 24 octobre 2026, des centaines de milliers de personnes ont, de nouveau, manifesté contre la vie chère, la précarité et la dégradation des services publics. Le ministère français de l’Intérieur, a indiqué que plus 400 000 personnes ont participé aux rassemblements, contre 800 000 annoncées par la Confédération Générale du Travail (CGT). Des heurts, des pillages et des interpellations ont encore marqué la journée, une semaine après les violences du 17 octobre, rapportent nos confrères de Le Monde.
Par Jean Marc Kambou, collaborateur
« Macron, le peuple a faim ! », c’est ainsi que nous résumons le sentiment qui anime une bonne partie des Français, dépassée par un certain nombre de dysfonctionnements sous le Président Emmanuel Macron.
Il faut le dire, il y a longtemps, le pouvoir d’achat des Français a baissé. Alors que c’est l’une des pièces maîtresses de l’équilibre sociale.
Les revendications quand l’on suit ces bouleversements populaires, portent sur les salaires jugés insuffisants, la hausse du coût de la vie, la précarité de l’emploi et les difficultés d’accès à des services publics de qualité. La jeunesse, elle, dénonce le manque de perspectives professionnelles et les conditions d’études.
Ces différentes revendications ont drainé les populations qui les portent, à rue. Les mouvements que le gouvernement français n’arrive plus à canaliser, rassemblent des étudiants, des lycéens, des syndicalistes, des militants et d’anciens Gilets jaunes.
Cette contestation populaire autour principalement du prix des carburants et du sentiment d’injustice sociale, se déroule rappelons-le, huit ans après le mouvement similaire de 2018.
La CGT évoque une crise marquée par « la vie chère, les salaires en berne, la précarité, les services publics mis à la diète, ainsi que l’absence de perspective pour les jeunes ».
Les faits. Le samedi 17 octobre 2026, avait déjà donné la mesure du mécontentement. Le ministère de l’Intérieur, avait comptabilisé 550 000 manifestants, contre plus de 800 000 annoncés par les organisateurs.
Dans plusieurs villes françaises, des commerces ont été pillés et des bâtiments publics vandalisés. À Limoges par exemple, l’hôtel de ville a été incendié. À Marseille, des manifestants ont pénétré les entrailles de la mairie.
Ces différentes violences, ont éclipsé une partie des revendications sociales et renforcé la pression sur le gouvernement selon Le Monde.
Le 24 octobre, les autorités ont renforcé le dispositif de sécurité face aux manifestations. Le gouvernement a mobilisé 70 000 policiers et gendarmes pour la journée du 24 octobre, contre 60 000 une semaine auparavant.
Plusieurs villes ont également imposé des restrictions aux rassemblements selon TF1 Info. Mais, la stratégie n’a pas empêché tous les incidents.
À Lyon où des pillages et des dégradations ont été rapportés, la préfecture a recensé 36 interpellations et 22 blessés dont 18 membres des forces de l’ordre. Des tensions ont été signalées à Paris, Marseille et Strasbourg.
Globalement, le ministère de l’Intérieur dans son bilan provisoire, évoque de près de 1 000 interpellations à l’échelle nationale.
Le ministre Laurent Nuñez, a estimé que les cortèges s’étaient globalement bien déroulés, malgré ces incidents.
Macron peut-il répondre à la colère sociale ?
Le Président français Emmanuel Macron se retrouve face à une crise qui dépasse désormais les seuls enjeux de sécurité. Le gouvernement doit protéger les personnes et les biens.
Mais la réponse policière ne suffira pas à faire disparaître les difficultés quotidiennes des ménages. Les arrestations et les interdictions de rassemblement peuvent contenir certains débordements. Mais, elles ne réduiront ni les factures ni les dépenses alimentaires.
Le chef de l’État a durci le ton contre les auteurs de violences, tandis que le Premier ministre Sébastien Lecornu, a dénoncé des agissements des groupes responsables des dégradations.
De son côté, la CGT a appelé à une généralisation de la grève le 5 novembre 2026, pour prolonger la mobilisation sociale selon RTL.
Pour nous, ces violences ne doivent pas faire oublier les revendications légitimes des manifestants pacifiques des populations.
Inversement, la colère sociale ne saurait non plus, justifier les pillages ni les agressions. Le gouvernement doit distinguer ces réalités et apporter des réponses concrètes sur les salaires, le coût de la vie et les services publics.
Quand des centaines de milliers de personnes descendent dans la rue pour réclamer de meilleures conditions de vie, le pouvoir doit entendre ce qui se joue derrière les slogans et non se contenter de réclamer le retour au calme.
Il lui revient de répondre aux préoccupations concrètes qui nourrissent la mobilisation. C’est ce qui reste à faire au pouvoir de Macron, qui joue ses dernières cartes avant de débarrasser définitivement le plancher à l’issue de la présidentielle de 2027.

