Le triplé féminin qui a raflé les meilleurs prix lors de la cérémonie d’excellence scolaire 2026 à Ziniaré.
Dans la région d’Oubri, un triplé féminin rafle les meilleurs prix lors de la cérémonie d’excellence scolaire, tenue le samedi 25 juillet 2026 à Ziniaré.
La région d’Oubri a récompensé les meilleurs élèves, enseignants et structures éducatives. La cérémonie célébrée sous le thème « mobilisation communautaire autour des réformes, levier d’une transformation qualitative de l’éducation », s’est déroulée dans la salle polyvalente de Ziniaré.
Au-delà des chiffres records, c’est un vent de renouveau qui a soufflé dans cette localité avec la distinction de trois enseignantes lauréates dont les résultats ont stupéfié le public.
Une salle polyvalente pleine et fervente. Dans la rangée droite, des lauréats, élèves et enseignants, attendent avec impatience, dans un silence leurs prix.
Leur regard est tourné vers l’estrade ou sont exposés les différents cadeaux. À la première ligne, figurent des élèves tandis qu’à la quatrième, trois enseignantes sont assises calmes et stoïques, sauf celle du milieu.
Elle laisse éclater par moment, sa joie par des rires francs et des applaudissements nourris aux actions d’artistes en prestation.
Elle sait sans doute, déjà, que l’histoire de l’éducation régionale s’écrit en sa faveur car la nature de la récompense était connue depuis la veille.
Examens scolaires, des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Pour les résultats des examens scolaires, les chiffres parlent d’eux-mêmes. La région enregistre un taux de réussite exceptionnel de 96,10 % avec 17 371 déclarés admis sur 18 171 candidats présentés à l’examen du Certificat d’études primaires (CEP), session 2026.
Ce qui impressionne le plus, est que 376 écoles ont réalisé un score parfait de 100 % de réussite. Dans la catégorie des enseignants méritants, un fait frappant retient l’attention du public: trois lauréats hors du commun. Elles sont toutes du genre féminin à marquer les esprits par leurs parcours et leur abnégation.
Trois femmes, trois secrets de réussite
Delphine Zoungrana, école Tampelga, CEB de Laye, est la première a poussé hors de la salle, sa moto, le visage souriant. C’est depuis la classe de CP1 qu’elle conduit ses élèves au nombre de 81 pour se réduire à 75 au CM2.
Ce parcours semé d’embûches se voit aujourd’hui, couronné de succès. Elle a présenté 75 élèves qui ont été tous admis au CEP; de quoi être joyeuse et fière. « Ce n’est pas simple, il faut jongler. Je me suis donnée corps et âme », explique-t-elle.

Elle dévoile sa méthode de travail : « Nous venons à 14h, nous finissons après 17h. On travaille les mercredis soirs et samedis. Nous avons consacré tout notre temps à la classe. », raconte-t-elle. Un sacrifice qui force l’admiration.
Dans la foule, nous retrouvons une autre combattante dont le travail n’est pas passé inapperçu aux yeux de ses supérieurs hiérarchiques. Oubda Valérie, de l’école Kamabori «A», CEB de Zorgho. Elle est engloutie par des collègues et amis qui la félicitent.

C’est elle qui manifestait sa joie au milieu des deux autres collègues dans la salle. Elle a présenté 76 élèves avec 76 admis.
« Je suis animée d’un sentiment de joie immense. Seul le travail, le don de soi, le sacrifice et l’accompagnement des parents ont prévalu. Pas de secret spécial, juste de l’engagement », déclare-t-elle, ajustant ses lunettes et caressant sa coiffure.
Emue des cheveux aux pieds, elle appelle ses collègues à la persévérance dans le travail. « Persévérez, le succès vient au bout de l’effort. », a-t-elle susurré.
A peine lâché dame Valérie, le sourire de Korotimi Ouédraogo les mains debordant de cadeaux, nous attire.

Elle est enseignante à l’école de Gonsin A (CEB de Sourbila). Elle est la dernière “des triplées” à ranger sa moto. Son visage rayonne de fierté.
Elle ne cesse d’ajuster ses prix composés d’un ordinateur, d’une attestation et d’une moto. Pour elle, le secret est simple. « C’est le travail et l’amour des enfants », confie-t-elle en relevant son voile.
« Ce que les hommes font, les femmes peuvent le faire aussi »
Arsène Birba est le directeur régional de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle d’Oubri. Il est visiblement très satisfait.
Arrivé à la tête de la structure en 2024, il a pu réinstauré une journée de l’excellence scolaire rompue entre temps pour des causes ignorées.
Pour cette édition, le résultat est « inédit » reconnaît-t-il. En effet, les trois meilleurs enseignants sont des femmes. « Cela s’explique en partie par la féminisation du corps enseignant, mais pas seulement. Ces dames se sont engagées corps et âme pour accompagner le système. Une saine concurrence s’est installée, et nous la saluons », souligne le directeur régional.

« Notre système éducatif a besoin d’acteurs engagés. Seul le travail paie. Ce que les hommes peuvent faire, les femmes peuvent également le faire. », lance-t-il comme un appel vibrant. Il a félicité les lauréates et encouragé toutes les femmes à s’investir dans les classes d’examen.
L’excellence n’a pas de genre. Elle est le fruit d’un engagement quotidien et d’une mobilisation communautaire sans faille, ont répété les intervenants à la cérémonie de récompense.

