Kenza Rachidatou Diallo, agée de 10 ans, est la meilleure élève au CEP de la région de Oubri.
Kenza Rachidatou Diallo, agée de 10 ans, est la meilleure élève de la région de Oubri. Elle a été récompensée à la cérémonie d’excellence scolaire tenue le samedi 25 juillet 2026 à Ziniaré.
Dans la rangée affectée aux lauréats et aux élèves, une petite fille de teint clair, est assise calme et silencieuse. Les bras par moments croisés à la poitrine et parfois coincées entre les jambes.
Ni l’ambiance, ni le spectacle encore moins le défilement des autres élèves joyeux ne lui paraissaient intéressés. Son esprit semblait évasif comme si, elle rêvait éveillée.
Vêtue d’un tricot blanc, le temps que nous l’observions, elle n’a souri ni détourné son regard vers ses camarades qui jubilaient.
Sur la première ligne composée de sept chaises qu’occupent les lauréats, elle est la plus petite en taille.
Elle, c’est Kenza Rachidatou Diallo. Elle figure parmi les 27 lauréats désignés pour recevoir des prix au cours de cette cérémonie d’excellence, édition 2026.
«C’est elle qui est la meilleure élève de la région», nous confie discrètement un membre du comité d’organisation avec un air d’étonnement.
Elle relève de l’école de Toeghin, circonscription éducation de base de Toeghin «A», province du Kourweogo.
Elle a 10 ans et quelques mois. Sur les 17 445 admis au CEP session 2026 de la région, c’est elle qui est la meilleure éleve. Elle a obtenu 173 sur 180 points, soit une moyenne de 9,61 sur 10 .
Elle remporte le premier prix composé d’un kit scolaire, d’un vélo, d’une tablette, et d’une bourse d’études d’une valeur de 50 000 FCFA.
A l’appel des lauréats, elle se tient vite debout suivant les instructions de deux membres du comité d’organisation.
Jusqu’à la remise de son cadeau, sa mine reste toujours froide. Nous la retrouvons hors de la salle entourée de son père, un frère et deux sœurs qui l’ont accompagnés. «Celle-là, elle ne parle pas», nous prévient son père. Sa sœur l’encourage en chuchotant dans ses oreilles.
Taciturne devant le public mais loquace devant le micro
Devant le micro, elle s’exprime avec aisance. De sa bourse d’études, elle dévoile son ambition: « Je vais déposer ça pour payer quelque chose à la rentrée», indique-t-elle.
Elle poursuit : « Je suis contente parce que je suis la première de la région». Elle dit avoir travaillé dur pour obtenir ce rang sous les ordres de sa mère. « C’est ma mère qui m’a forcé à travailler», précise-t-elle.
A ses camarades candidats malheureux, elle les encourage en les invitant à « continuer à travailler ».
Aux parents d’élèves, elle leur propose de « continuer à forcer leurs enfants à bien travailler», comme ce qu’a fait sa mère pour elle. Son père n’a pas voulu se prononcer sur sa méthode d’étude.
Pour Arsène Birba, Directeur régional de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle, «aujourd’hui, si vous remarquez, dans les classes, les premières places sont occupées par les filles», fait-il remarquer.
« Une fille de 10 ans qui est la super lauréate de la région, c’est un exemple qui démontre que les filles comme les garçons peuvent réussir pourvu qu’on y mette de la discipline et de l’engagement», souligne-t-il.
Pour rappel, chez les enseignants, ce sont également trois femmes qui ont remporté les meilleurs prix avec des résultats qualifiés de facinants qu’elles ont obtenu.

