Le climat socio-culturel retrouve sa sérénité dans la cité de Bafuji. Le différend qui opposait les artistes Sami Da dit Bailai et Ditarè Dah dit Génie Ditarè appartient désormais au passé. Grâce à la médiation de sa majesté Bifaté II, Chef de Canton de Gaoua, les deux protagonistes ont fumé le calumet de la paix au palais du cantonnât à Gaoua.
Par Jean Marc Kambou
La paix est revenue entre Bailai et Ditarè dans l’enceinte sacrée du canton de Gaoua. L’atmosphère s’est dénuée et la crise qui tenait en haleine les deux figures de la musique du terroir s’est dissipée à la faveur de l’implication de sa majesté Bifaté II, garant des coutumes et de la cohésion sociale. Sous son arbitrage bienveillant, Sami Da et Ditarè Dah ont accepté de mettre fin à la rivalité qui avait largement dépassé la carde artistique.
La crise puise sa source dans une stratégie de communication qui a mal tourné. En quête de visibilité et souhaitant créer un “buzz” pour dynamiser sa carrière, l’artiste Bailai s’en était pris publiquement dans ses chansons à son collègue Ditarè. Bailai explique qu’à son arrivée sur la scène, son devancier exige un passage obligé : une rencontre formelle avant tout lancement de carrière. Face à cette intention de Ditarè, Bailai marque son refus et décline le vœu de Génie Ditarè “ J’ai décliné cette intention de Ditarè, car ça n’a jamais existé dans le showbiz et cela ne commencera pas par moi” a expliqué Bailai.
L’objectif de Bailai, c’est d’être vu et être écouté. En s’attaquant à une figure déjà connue, Bailai polarise l’opinion et anime la galerie. Le duel est lancé, transformant les deux artistes en protagonistes d’une saga qui passionne les mélomanes “Moi, je le faisais pour être vue, car lui était déjà connu” dit Bailai avec le recul de celui qui a réussi son pari médiatique.
Cependant, le manager de Ditarè, Francis Hien déclare l’attitude de Bailai a été une surprise : “ça été une surprise pour nous “confie-t-il en poursuivant que c’était vraiment une hostilité manifeste de sa part. C’est avec une certaine stupéfaction que Francis Hien dit avoir découvert les piques de Bailai “Mon artiste (Génie Ditarè) même n’était au courant de rien. Ce sont seulement les injures que nous entendons dans les sons” a expliqué le manager.
Le plus étonnant, explique-t-il dans cette mésaventure, reste l’absence de lien préalable entre les deux protagonistes c’est-a-dire Bailai et Génie Ditarè, ils se sont jamais vus et ils ne sont jamais vus “Nous n’étions pas au courant de quelque chose mais comme je l’ai dit, on l’a appris comme ça dans ses chansons. On était non plus en palabre puisqu’on ne s’était vu auparavant” a précisé Hien.
Interrogé sur le mobile de ces attaques, Frédéric Hien avoue son impuissance : « Vu tout cela, je ne peux savoir exactement la cause de ces injures ». Pour le staff de Ditarè, rien ne laissait présager un tel déchaînement, d’autant plus que Bailai était jusque-là perçu sous un angle positif. « Je note que nous n’avons jamais eu de problème contre lui. On l’a toujours considéré comme un frère », regrette le manager Hien.
Excédé par les attaques lyriques, Génie Ditarè porte une plainte contre Bailai au commissariat de Police. Convoqué au commissariat, Da Sami fait face à la police. Faute de nom cité dans les paroles, l’autorité policière se déclare incompétente pour trancher un litige fondé sur des sous-entendus. C’est finalement vers les institutions traditionnelles que les deux artistes seront référés pour trouver une issue. La police réfère l’affaire au Palais du Chef de Canton de Gaoua.

