Le chef de canton de Gaoua, Sa Majesté Bifaté II.
Le chef de canton de Gaoua, Sa Majesté Bifaté II, a contribué à mettre fin à une violente crise intercommunautaire survenue dans le nord-ouest du Ghana, à la frontière avec le Burkina Faso. Une médiation menée durant dix jours, qui a permis de rétablir le dialogue entre plusieurs communautés opposées après des affrontements meurtriers liés à un conflit foncier en août 2025.
Par Jean Marc Kambou, collaborateur
La crise a éclaté le 24 août 2025. Selon plusieurs témoignages, elle est née après la vente d’un terrain par un chef local à un promoteur immobilier, sans consultation préalable de la communauté concernée. Rapidement, les tensions ont dégénéré en violences communautaires.
Des dizaines de personnes ont été tuées, selon des médias internationaux, dont TV5 Monde. Le chef de canton de Gaoua dans un entretien accordé à Refletinfo.net, évoque, lui, plusieurs morts sans toutefois, citer de bilan officiel.
Les violences ont particulièrement touché les populations vivant de part et d’autre de la frontière entre le Burkina Faso et le Ghana.
Face à la gravité de la situation, Bifaté II dit avoir décidé d’intervenir personnellement. Il explique avoir d’abord sollicité l’autorisation des autorités burkinabè afin de se rendre au Ghana pour une mission de médiation. Une initiative que les autorités auraient jugée risquée au regard du contexte sécuritaire.
Malgré ces réserves, une délégation a finalement été constituée. Des vivres et des nattes ont également été envoyés par le gouvernement pour soutenir les victimes burkinabè affectées par les affrontements.
Mais pour le chef traditionnel, l’aide humanitaire ne suffisait pas. « Il fallait agir sur la racine du mal », explique-t-il.
Une fois au Ghana, la délégation conduite par Bifaté II a rencontré les autorités coutumières locales ainsi que le roi de la zone concernée. Le message porté était centré sur le pardon et la réconciliation.
« Tout homme peut commettre des erreurs, mais seul le pardon peut arranger les choses », a déclaré le chef de canton au cours des échanges.
La délégation a ensuite, rencontré les membres de la communauté opposée dans une église transformée en cadre de dialogue. Après plusieurs discussions, les différentes parties ont accepté de mettre fin aux violences.
Selon Sa Majesté, les communautés impliquées se sont engagées à ne plus s’attaquer mutuellement. Aujourd’hui, il se félicite d’un retour progressif à la cohabitation dans les localités frontalières.
Il a affirmé que le roi du Ghana lui a promis de participer à une cérémonie prévue à Gaoua le 15 mai 2026, en signe d’amitié.

