Banlo Kambou, auteur de l'ouvrage "« Mentalité et développement en Afrique Subsaharienne », sous-titré, « Les combats de l’Alliance des Etats du Sahel ».
Banlo Kambou appelle les Africains à rompre avec la dépendance extérieure et à miser sur leurs propres ressources pour construire le développement du continent. C’est l’essentiel de son premier essai politique, intitulé : « Mentalité et développement en Afrique Subsaharienne », sous-titré, « Les combats de l’Alliance des Etats du Sahel ». Le chef d’œuvre dédicacé le 6 mai 2026, s’inscrit dans le contexte de montée du souverainisme au Burkina Faso, au Mali et au Niger.
Par Siébou Kansié
L’ouvrage de plus de 230 pages édité à Mercury, explore les liens entre mentalités, gouvernance, souveraineté et développement en Afrique subsaharienne.
Structuré en dix chapitres, l’ouvrage défend l’idée que le sous-développement africain ne relève pas seulement d’un manque de ressources, mais surtout d’un problème de « schémas mentaux ».
Pour l’éditeur Thierry Millogo, « l’ouvrage arrive à son heure ». Selon lui, les réflexions développées par Banlo Kambou font écho aux débats actuels sur le panafricanisme, la souveraineté et les transformations politiques dans l’espace AES.

« Il faut compter sur nos propres forces », a insisté M. Millogo lors de la cérémonie. Une idée reprise par plusieurs intervenants, qui voient dans cet ouvrage, un appel à l’autonomie politique, économique et culturelle des États africains.
Le co-préfacier Jonas Hien, estime que l’auteur cherche avant tout, à « éveiller les consciences ». Banlo Kambou prône à l’en croire, l’idée que le développement de l’Afrique dépend d’abord des Africains eux-mêmes.

« Nous avons les ressources, les matières premières et les capacités intellectuelles nécessaires. Il faut simplement changer notre manière de penser », a-t-il déclaré.
Le cadre des mines, critique notamment une « mentalité d’assistanat » qui pousserait les pays africains à attendre systématiquement des solutions venues d’ailleurs. Il appelle plutôt, à un développement endogène fondé sur les réalités africaines.
Une œuvre profondément engagée
Au cours de la présentation de l’ouvrage, l’écrivain et critique littéraire Maxime Bako, a décrit un texte « engagé » et « profondément panafricaniste ».
Banlo Kambou présente l’Alliance des Etats du Sahel (AES) comme « un laboratoire de souveraineté » et une nouvelle forme de rupture avec les modèles hérités de la colonisation, rapporte le présentateur de l’œuvre.
Le critique littéraire a également souligné l’originalité du concept « d’afrocratie », développé dans l’ouvrage.
Cette notion renvoie selon lui, à une autre manière de concevoir la démocratie africaine, centrée sur la satisfaction des besoins fondamentaux des populations, la cohésion sociale et l’efficacité du développement.

L’essai politique du natif du Djôrô (ex-Sud-Ouest), aborde plusieurs thématiques liées aux défis actuels du Sahel. Il évoque notamment, les questions sanitaires, diplomatiques, économiques et culturelles.
Il critique la faible transformation locale des ressources africaines et appelle à une meilleure maîtrise des secteurs stratégiques.
Un chapitre est également consacré à la presse et à la liberté d’expression. Le fils de Iolonioro estime dans son ouvrage, que certains médias africains restent influencés par des intérêts étrangers, dans un contexte marqué par les crises sécuritaires et la lutte contre le terrorisme.

Sur le plan littéraire, Maxime Bako salue une écriture à la fois didactique et polémique. L’auteur y mobilise des références issues de la sociologie, de l’économie, de l’anthropologie et de la philosophie pour défendre sa vision d’une Afrique forte et souveraine.
Très ému pendant la cérémonie, Banlo Kambou a retracé l’histoire de son livre par la voix de Jonas Hien, qui a livré son mot.
Il a indiqué avoir commencé sa rédaction en 2006 avant d’interrompre le projet durant plusieurs années.
Victime d’un coma de trois mois, l’ancien gendarme burkinabè a finalement achevé son manuscrit « à la dictée », malgré des difficultés d’élocution.
« Ce document achevé aujourd’hui fait plus de 230 pages », a-t-il confié. Il a remercié son éditeur, ses collaborateurs et sa famille pour leur soutien.
Plusieurs témoignages ont également salué la personnalité de Banlo Kambou. Ses proches décrivent un homme intelligent, rigoureux, exigeant et moralement fort.
Pour le lieutenant-colonel Lopkala Kambou, le représentant de la famille, la présence de l’auteur à cette cérémonie relève déjà « d’un témoignage vivant » après les épreuves de santé qu’il a traversées.

« Mentalités et développement en Afrique Subsaharienne » « Les combats de l’Alliance des Etats du Sahel », est disponible à la librairie Mercury, Jeunesse d’Afrique et Diacfa, au prix unitaire de 8000 FCFA.

