Le commissaire Bienvenu Y. Kamboulé entouré de ses collaborateurs.
Le commissaire Bienvenu Y. Kamboulé entouré de ses collaborateurs a animé le mardi 16 juin 2026 un point de presse pour annoncer officiellement l’élucidation de l’affaire de l’enlèvement d’un nourrisson, survenu à la fin du mois de mai au Centre Hospitalier Régional Universitaire (CHRU) de Fada N’Gourma. Le bébé a été retrouvé sain et sauf, et sa ravisseuse présumée a été interpellée.
C’est un dénouement heureux qui vient mettre un terme à plus de deux semaines d’angoisse pour une famille et d’inquiétude pour toute la population de la région du Goulmou.
La nuit cauchemardesque commence le 31 mai 2026au Centre Hospitalier du Goulmou. Une mère en convalescence après son accouchement, a vu son bébé lui être dérobé.
Dors sa déclaration liminaire face aux hommes de médias, le Commissaire Central de Police de Fada N’Gourma, Bienvenu Y. Kamboulé, est revenu en détail sur la genèse de ce drame évité de justesse.
Il a expliqué que « le 31 mai 2026, aux environs de 03 heures, les services de Police judiciaire du Commissariat Central de Police de Fada N’Gourma et de la Brigade Régionale de la Protection de l’Enfance du Goulmou ont été saisis d’un cas d’enlèvement d’un bébé, au préjudice de la camarade S. T., ménagère domiciliée à Tibga. »
La mère, encore fragilisée, se trouvait à l’hopital pour des soins post-opératoires. « La victime, qui était hospitalisée au sein du Centre Hospitalier Régional Universitaire de Fada N’Gourma un mois après son accouchement par césarienne dans le même établissement, a malheureusement été confrontée à la disparition de son enfant dans des circonstances particulièrement préoccupantes », a souligné le premier responsable du Commissariat.
Ce vol d’enfant, perpétré en plein cœur d’une structure censée garantir la sécurité et le soin, a immédiatement provoqué une onde de choc, entraînant l’ouverture sans délai d’une enquête judiciaire sous l’égide du Procureur du Faso.
La course contre la montre des enquêteurs
La réactivité des forces de sécurité a été immédiate, mais le défi s’annonçait de taille. « Dès réception de cette information […] une équipe d’enquêteurs a été immédiatement déployée sur les lieux afin de procéder aux constatations d’usage, de recueillir les premiers témoignages et de mettre en œuvre toutes les diligences nécessaires », a expliqué le Commissaire. Malheureusement, l’auteur de l’infraction s’était déjà volatilisé dans la nuit avec le nouveau-né.
Loin de se décourager face à cette absence de résultats immédiats, les éléments du Commissariat Central et de la Brigade Régionale de la Protection de l’Enfance ont redoublé d’efforts.
Conscients que la disparition d’un nourrisson est, selon les mots du conférencier, « un événement d’une gravité exceptionnelle » qui « suscite une vive émotion dans l’opinion publique », les enquêteurs ont fait montre d’un professionnalisme sans faille.
Le Commissaire a tenu à saluer cette méthode rigoureuse : « Durant plusieurs jours, ils ont procédé à l’exploitation minutieuse des renseignements recueillis, au recoupement des témoignages, à l’analyse des différents éléments matériels disponibles […]. Aucune hypothèse n’a été négligée. »
Face aux rumeurs et aux spéculations qui enflaient dans la cité de Yendabili, les policiers ont su garder la tête froide, « privilégiant les faits aux spéculations et la rigueur de l’enquête à toute précipitation. »
L’arrestation de la suspecte et les aveux
La patience et l’abnégation des forces de l’ordre ont fini par payer au milieu du mois de juin. Grâce à l’exploitation discrète et professionnelle d’une information émanant d’une source jugée fiable, les enquêteurs ont été mis sur une piste sérieuse.
C’est ainsi que l’étau s’est resserré. « Le 12 juin 2026, les enquêteurs du Commissariat Central de Police de Fada N’Gourma ont procédé à l’interpellation d’une dame répondant aux initiales C. A., ménagère domiciliée au secteur 1 de Fada N’Gourma, fortement soupçonnée d’être l’auteur de l’enlèvement », a révélé l’officier de police.
Le soulagement est arrivé dans la foulée car le nouveau-né a été localisé et retrouvé en parfaite santé. Il a été promptement conduit au CHRU pour des examens médicaux avant d’être restitué à sa famille, mettant fin à un calvaire insoutenable pour ses proches.
Lors de ses interrogatoires, la mise en cause est passée aux aveux. Le mobile du crime, tel que relaté par le Commissaire, lève le voile sur une détresse personnelle ayant basculé dans la délinquance : « Elle a déclaré avoir agi dans le dessein de garder l’enfant pour elle-même, expliquant qu’elle n’avait jamais pu concevoir ni donner naissance à un enfant. » Ces déclarations restent soumises aux vérifications d’usage, et la suspecte sera prochainement déférée devant la justice pour répondre de ses actes.
Un appel à la vigilance et à la coproduction de la sécurité
Au-delà de l’exposé des faits, ce point de presse fut l’occasion pour les autorités policières de lancer un message fort à l’endroit de la population et des professionnels de la santé.
Remerciant chaleureusement tous ceux qui ont contribué à l’aboutissement de cette enquête, le Commissaire Central a rappelé un principe fondamental de la lutte contre l’insécurité : « Cette affaire démontre, une fois encore, que la sécurité est une responsabilité collective. »
Il a ainsi invité les citoyens à dénoncer sans délai tout comportement suspect. Une interpellation particulière a également été adressée aux centres de santé : « Je voudrais, par ailleurs, lancer un appel à l’endroit des responsables des structures sanitaires ainsi que des usagers des formations sanitaires afin qu’ils redoublent de vigilance, particulièrement dans les services de maternité et de pédiatrie, où la protection des nouveau-nés doit constituer une priorité permanente. »
Le Commissaire a réaffirmé la détermination des Forces de Sécurité Intérieure à protéger l’ensemble de la population de la région de l’Est. « La Police nationale demeure résolument engagée à assurer la protection de toutes les populations, sans distinction », a-t-il martelé, promettant de traquer sans relâche toutes les formes de criminalité. Un message rassurant qui résonne comme un avertissement de fermeté pour tous les contrevenants à la loi dans le Gulmu.

