Sébastien Nébié, désormais administrateur des services financiers.
Sébastien Nébié, élève du cycle A, administrateur des services financiers, a soutenu publiquement son mémoire de fin de formation à l’Institut des Finances publiques du Burkina Faso (IFPB), le lundi 21 septembre 2026, à Ouagadougou. Il s’est intéressé sur les difficultés liées à la tenue régulière de l’inventaire des immobilisations de l’État. A l’issue de sa prestation orale, le jury a sanctionné le travail par la note de 16,5/20, mention très bien.
Par Elie Fagnaan
L’impétrant dans une étude empirique menée auprès d’administrations publiques, a analysé les facteurs humains, organisationnels, financiers et techniques qui influencent la qualité des opérations d’inventaire.
La comptabilité-matières, concept clé de son travail, « joue un rôle important dans le suivi du patrimoine non financier de l’État.Elle permet de rapprocher l’existence physique des biens, des données enregistrées dans les documents comptables. » C’est ce qu’a expliqué Sébastien Nébié devant un jury constitué à l’occasion de sa soutenance.
Il a travaillé sur la « Tenue régulière de l’inventaire des immobilisations de l’État : défis et perspectives ». Sa recherche s’inscrit dans le contexte des réformes engagées pour renforcer la transparence et la fiabilité de la gestion publique.

Ses résultats révèlent plusieurs insuffisances. Ainsi, 66,37 % des structures enquêtées accusent des retards dans la réalisation de leurs inventaires. 34,51% rencontrent également, des difficultés à enregistrer à temps, les résultats issus des opérations d’inventaire.
Et, près de 29,20 % ne renseignent pas systématiquement les mouvements d’entrée et de sortie des matières.
Ces difficultés selon l’étudiant, sont plus perceptibles au niveau des collectivités territoriales. Le poids des contraintes financières est mis en évidence.
De ce fait, 82,30 % des structures interrogées déplorent une insuffisance des ressources budgétaires. 75,22 % estiment par ailleurs, que les effectifs affectés à ces opérations sont insuffisants.

La question du contrôle interne constitue un autre enjeu. 60,18 % des structures selon l’étude, disposent d’un dispositif de contrôle interne. Cependant, son efficacité dépend de la programmation des activités.
Concernant les outils de travail, une partie importante des structures continue de s’appuyer principalement sur des supports papier, tandis que 5,31 % utilisent des outils numériques autonomes.
Pour le directeur de mémoire, Jean Luc Zan, la régularité des inventaires constitue une condition importante de la fiabilité de la comptabilité patrimoniale.
Il a relevé les difficultés liées aux moyens humains, matériels et financiers. Sans ces ressources, a-t-il expliqué, les comptes en matière risquent de produire des situations qui ne reflèteront pas fidèlement le patrimoine de l’État.

Le directeur a insisté sur la perception des acteurs de l’administration à l’égard de la comptabilité des matières. Il estime que les réticences ou résistances à la mise en œuvre de la réforme peuvent limiter la mobilisation des moyens nécessaires aux opérations d’inventaire.
Le jury a salué le travail du candidat, le qualifiant d’« étudiant travailleur et disponible ». Il a également relevé le potentiel scientifique du mémoire et l’actualité du sujet, malgré les contraintes rencontrées lors de la collecte des données.
Plusieurs suggestions
Sébastien Nébié préconise d’abord la modernisation technologique et la dématérialisation des procédures de gestion des matières.
Il suggère ensuite, le renforcement des capacités des acteurs, l’amélioration des conditions de travail et la mise en place de mesures incitatives.
Enfin, il appelle à sécuriser les ressources budgétaires consacrées aux opérations d’inventaire. 90,27 % des personnes interrogées se déclarent favorables à la digitalisation des procédures. Plus de la moitié souhaitent un renforcement des capacités et du contrôle interne.

Au terme de sa présentation, Sébastien Nébié a appelé à poursuivre la réflexion à l’échelle nationale afin d’approfondir l’analyse à travers un modèle qui permettra de mesurer davantage l’impact des différents facteurs sur la régularité des inventaires.

