Le journaliste Jean Marc Kambou remporte le Prix du Journalisme pour la Paix 2026.
Le journaliste Jean Marc Kambou, collaborateur du média en ligne Refletinfo.net, a remporté le Prix du Journalisme pour la Paix et la Cohésion Sociale (PJPCS) 2026 dans la catégorie presse en ligne, avec son reportage sur la réconciliation de deux artistes à Gaoua. La distinction lui a été décernée le 11 juin 2026 à Ouagadougou, lors de la cérémonie officielle de remise des prix.
Par Elie Fagnaan
Le prix couronne son reportage intitulé « Djôrô : Sa Majesté Bifaté II réconcilie Bailai et Génie Ditarè », consacré à la médiation conduite par le Chef de Canton de Gaoua entre deux jeunes artistes dont la rivalité menaçait de fragiliser le climat social dans la région du Djôrô, ex-Sud-Ouest.
Très ému après la remise de son prix, Jean Marc Kambou a salué le soutien de ses proches et de son média. « Je suis très content d’avoir remporté ce prix. C’est ma première participation à un concours journalistique. Je remercie Dieu, ma famille, les personnes qui me font confiance et toute la rédaction de Refletinfo.net qui m’a accompagné dans ce travail », a-t-il déclaré.

Dans son reportage, le journaliste retrace les origines du conflit qui avait opposé Sami Da, connu sous le nom de Bailai, et Ditarè Dah alias Génie Ditarè. Pendant plusieurs semaines, les deux chanteurs se sont affrontés par chansons interposées.
Progressivement, la querelle a dépassé le cadre musical. Elle s’est transposée sur les réseaux sociaux, les marchés, les maquis et les espaces publics, entre les partisans des deux artistes.
La situation a pris une autre tournure lorsqu’une plainte a été déposée à la police. Face à l’impasse, Sa Majesté Bifaté II, est intervenu pour réconcilier les deux frères.
Ainsi, le reportage met en lumière le rôle des autorités traditionnelles dans la prévention des conflits et la préservation du vivre-ensemble.

Il montre comment des mécanismes locaux de médiation peuvent contribuer à désamorcer des tensions susceptibles d’affecter la cohésion sociale.
Le comité d’organisation a reçu à cette 5e édition, 56 candidatures des journalistes du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali et du Niger. 47 productions viennent du Burkina et les 9 des autres pays.
Toutes les productions ont été minutieusement analysées par un jury régional qui a choisi les meilleures œuvres selon les organisateurs.

La parole peut construire, déconstruire ou détruire. D’où la nécessité, recommande Monseigneur Alexandre Bazié, président du groupe de travail Sahel Peace Initiative, de favoriser son usage positif et efficace pour la construction de la paix.
Il s’est réjoui de l’engagement des professionnels des médias dans la lutte contre la radicalisation et les discours de haine dans leurs productions.
« Notre joie, c’est que le prix est devenu un prix régional parce que Sahel Peace Initiative s’étend à la Côte d’Ivoire, au Ghana, au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Il était normal que nous étendions ce prix à toute la région.», a déclaré Mgr Bazié.
La 5e édition du Prix a connu une innovation avec l’instauration d’un prix régional. Cette distinction a été remportée par Drissa Diallo, journaliste à Radio Yeelen au Mali, pour son œuvre « Un vocal qui divise ».

Son reportage met en lumière la propagation des discours de haine sur les réseaux sociaux. « Je suis très heureux. Ce prix m’encourage davantage à multiplier les documentations et les recherches afin de mieux réaliser ce genre de reportages », a-t-il indiqué.
Institué au Burkina Faso en 2022, le Prix du Journalisme pour la Paix et la Cohésion Sociale vise à encourager les professionnels des médias à produire des contenus qui favorisent la paix, le dialogue et la cohésion sociale.
Cette initiative est portée par les Conférences épiscopales du Burkina-Niger, du Mali, du Ghana et de la Côte d’Ivoire, en partenariat avec Catholic Relief Services (CRS), dans le cadre de l’Initiative du Sahel pour la Paix.
Depuis sa création, le PJPCS s’est imposé comme un cadre de valorisation des productions journalistiques engagées dans la promotion du vivre-ensemble et de la prévention des conflits.
Lire le reportage primé sur ce lien: Djôrô: Sa majesté Bifaté II réconcilie Bailai et Génie Ditarè

