Mahamourou Zan, secrétaire permanent de YouthConnekt Burkina
Le Chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré a fait de la question de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes une préoccupation majeure de sa gouvernance politique. Cet engagement se traduit par des investissements dans la formation professionnelle et la mise en place des structures de formation, d’encadrement et d’accompagnement dont l’objectif est tourné vers l’employabilité des jeunes. La création de YouthConnekt Burkina s’inscrit dans cette dynamique. Son secrétaire permanent, Mahamourou Zan, dans cette interview, explique entre autres, comment l’initiative YouthConnekt Burkina accompagne les jeunes à s’auto-employer, qui peut bénéficier de l’accompagnement de cette structure et comment fait-elle la sélection des projets et les initiatives des jeunes ?
Propos recueillis par Achille Zagani
Refletinfo (RI): Présentez-nous l’initiative YouthConnekt, son bilan de l’année 2025 en termes de promotion de l’innovation ?
Mahamourou Zan (MN) : Disons que YouthConnekt d’abord c’est un concept. C’est un concept qui est aujourd’hui panafricain, partagé par 35 pays à travers le continent.
Il faut signaler que le concept est né au Rwanda dans les années 2012. Il a été implémenté au Burkina Faso avec un accent particulier sur l’employabilité et la participation citoyenne des jeunes.
Le volet entrepreneuriat est développé dans une approche d’innovation et d’accélération pour tout ce qui est initiative des jeunes en matière de création de richesses, de création d’emplois, de création surtout de valeurs, puisque le constat qui est fait, c’est que le continent a un potentiel assez énorme en matière de jeunesse.
Le président Rwandais à l’époque avait vu une opportunité en cela. C’est avec l’accompagnement du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) que le dispositif a été mis en place.
Chemin faisant, les résultats ont été assez probants, donc l’Union africaine s’en est saisie et a demandé aux différents pays d’implémenter le dispositif.
À partir de 2017, le Burkina s’y est intéressé. C’est ainsi que notre pays est allé à l’école du Rwanda. Nous avons essayé de l’implémenter chez nous avec l’élaboration des premiers documents en 2018.
En 2019, l’initiative a été lancée, de façon très concertée avec l’État burkinabè, pilotée par le ministère en charge de la jeunesse ainsi que les autres ministères, tels que ceux en charge du commerce et de l’agriculture.
Il y avait plusieurs départements ministériels qui ont pris part à la mise en place du processus sans oublier les acteurs du secteur privé et les jeunes eux-mêmes, à travers leurs structures faîtières à l’époque.
Nous avons bénéficié de l’accompagnement du PNUD-Burkina, pour le lancement de ce dispositif sous forme de programme au départ.
Au début, c’était un programme et les discussions entre les différents acteurs ont permis de mettre en lumière toute sa pertinence.
A cet effet, les uns et les autres se sont accordés à ce que ce soit un dispositif permanent plutôt que d’en faire un programme qui a un terme.
Les concertations ont permis d’adopter la forme de secrétariat permanent qui est chargé de mettre en place cette initiative, avec pour principale mission de renforcer l’employabilité et la participation citoyenne des jeunes.
Signalons au passage que chaque pays met l’accent sur le domaine où il estime être prioritaire en matière de promotion de la jeunesse.
Alors, le Burkina a choisi l’employabilité et la participation citoyenne. Et c’est cela qui fonde l’existence de la mission du secrétariat permanent de YouthConnekt Burkina.
RI : Quelles sont les composantes de l’initiative YouthConnekt Burkina Faso ?
MZ : En tant qu’initiative, YouthConnekt Burkina a trois grandes composantes. D’abord, il y a une première composante qui est intitulée » Hangout ». Hangout, c’est une approche qui consiste à rejoindre les jeunes là où on peut les trouver facilement.
Ces lieux sont les réseaux sociaux, tel que Facebook, YouTube, X, TIikTok etc. Et à partir de cette première composante, nous avons créé une plateforme www.youthkonnektburkina.bf. Cette plateforme dispose d’un bon nombre d’informations et d’outils qui sont mis à la disposition des jeunes.
C’est ainsi que vous allez nous retrouver facilement sur Facebook, sur YouTube, sur X, sur Instagram. Tout ceci est fait pour être le plus proche possible à travers les dispositifs numériques auprès des jeunes.
Cela permet de les toucher, de leur permettre d’accéder à l’information en lien avec l’employabilité avec un focus sur l’entrepreneuriat.
Le plus essentiel ici, est cette dimension d’innovation et de création de valeur. À côté de tout cela, il y a ce volet de la participation citoyenne, qui est mis en exergue.
Nous travaillons à non seulement capitaliser les initiatives portées par les jeunes, qu’on met en lumière, mais aussi à fournir les informations pertinentes en termes d’opportunités à l’endroit de la jeunesse autour de ces grandes problématiques.
Ensuite, la deuxième composante, c’est le «Business Challenge». C’est une composante qui déploie un certain nombre de services en matière d’accompagnement à l’entrepreneuriat, en termes de sensibilisation, de formation, de mise en relation avec des acteurs pertinents, tels que les institutions de financement de leurs projets.
Aussi, à l’occasion de certains grands événements, nous mettons en lumière la production, la réalisation des jeunes en matière d’entrepreneuriat à travers des salons de l’innovation et de la créativité.
Enfin, le troisième volet est dénommé Burkina ‘’Youth Day’’. Le Youth Day renvoie aux cadres que nous offrons aux jeunes, qui sont des moments de mobilisation, d’animation, de frottement et de brassage, de la vie en communauté.
Donc, voilà de manière résumée les composantes de l’initiative YouthConnekt Burkina.
Actuellement, nous mettons en œuvre une initiative importante du gouvernement qui est l’initiative Référent-Opportunités-Insertion.
C’est un dispositif d’accompagnement des jeunes mis en place dans les communes rurales et dans les communes urbaines qui ne sont pas chefs-lieux de province.
Ce dispositif nous permet de pouvoir offrir des services de proximité aux jeunes, en termes d’accueil, en termes d’information, en termes d’orientation. Aujourd’hui, la plupart de nos actions, sont mises en œuvre à travers ce dispositif.
L’initiative YouthConnekt Burkina et l’initiative Référent -Opportunités-Insertion font une belle combinaison, d’autant plus que c’est aussi une question d’inclusion, de mise en connexion avec les opportunités pour ce qui concerne les jeunes vivant en milieu rural.
Comme vous le savez, au niveau du ministère, on a d’autres dispositifs qui traitent de la question de la jeunesse de façon globale.
Nous nous sommes rendus compte que le global ne nous permet pas de pouvoir toucher tout le monde, de donner l’opportunité à tout le monde de profiter de ce que le pays offre en termes d’opportunités.
C’est cela qui a sous-tendu justement la création de cette initiative.
RI : Quelles sont les activités réalisées au cours de l’année 2025 en termes de promotion de l’entrepreneuriat chez les jeunes ?
M Z : Pour les activités réalisées en 2025, vous allez vous rendre compte que la plupart de ces activités sont liées à l’initiative Référent-Opportunité-Insertion.
Je ne sais pas si les chiffres vous intéressent, sinon pour l’essentiel, les activités dans ce cadre ont été menées en conformité avec notre mission.
Ce sont des activités de renforcement des capacités particulièrement sur les thématiques qui sont liées à l’entrepreneuriat rural entrant dans le cadre de l’initiative Référent-Opportunité-Insertion.

Disons que pour nous, le parcours entrepreneurial doit être cerné de sorte à avoir une combinaison d’interventions, tout en tirant leçon aussi des initiatives antérieures.
En tirant leçon des initiatives antérieures, nous avons dit qu’on peut mettre en place une démarche qui consiste d’abord à la sensibilisation à l’esprit d’entreprise.
Il y a certains jeunes qui se lancent dans une AGR, peut-être par référence à un ami, à un frère, à quelqu’un que l’on connaît dans le domaine.
Pour nous, il est important de préparer les esprits de tous ces jeunes qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat tout en préparant en même temps leur rapport avec l’argent.
C’est là, le plus important, d’où les interventions en matière d’éducation financière. Comment est-ce qu’ils construisent leurs relations en termes de planification et de gestion des ressources et aussi même des dettes et éviter le surendettement.
Les questions liées à l’épargne sont importantes pour nous. Avant de compter sur l’État ou sur tout autre partenaire, il faut avoir un minimum d’efforts à consentir soi-même pour mobiliser ses propres ressources.
Et cet effort peut aider facilement à mieux gérer un éventuel accompagnement de l’État ou d’autres acteurs.
Les questions liées à la gestion sont suffisamment développées avant de passer aux formations métiers ou aux formations AGR (Activités génératrices de revenus).
En termes de gestion d’activités génératrices de revenus, il requiert de la préparation théorique, mentale, psychologique, même en termes de leadership et de gestion d’émotions.
J’allais dire leadership et développement personnel ou encore de l’intelligence émotionnelle. De sorte que, l’esprit qui veut aller à l’entrepreneuriat soit un esprit aguerri, soit l’expérience demeure le meilleur maître.
Dès qu’on passe cette étape de la formation métier, on va procéder à doter ces jeunes formés en kits d’installation selon les besoins du métier qu’ils souhaitent exercer.
Pour l’année 2025, nos formations théoriques ont concerné 772 jeunes. 366 ont été formés sur les thématiques d’AGR comme la réparation des terminaux TIC, les techniques de maraîchage, l’élevage des petits ruminants, la teinture, la production des jus et la transformation des produits forestiers non-ligneux, le compostage et la pisciculture hors sol.
Parmi ce public-cible, à la hauteur des moyens dont nous disposons, nous avons équipé 276 jeunes en kits d’installation. 8043 jeunes vivant en milieu rural ont été accompagnés dans leur parcours d’insertion à travers notre dispositif Référent-Opportunités-Insertion.
Nous nous sommes déployés dans un certain nombre de communes. Aujourd’hui, nous couvrons plus de 244 communes.
Nous avons un effectif de 492 Référent-Opportunités-Insertion qui sont dans les différentes communes qui offrent ce service d’accueil, d’orientation aux jeunes. Et à travers la plateforme numérique, nous avons sensibilisé à l’entrepreneuriat plus de 44 926 jeunes.
En réalité, la plateforme a ce rôle fondamental de sensibiliser, passer des messages. Nous avons un cycle de diffusion d’une capsule sur la réalisation d’un jeune entrepreneur chaque semaine, en particulier le jeudi.
À côté de cela, au niveau du ministère, il y a ce type d’initiatives où on met en lumière une fois par semaine des jeunes promoteurs modèles pour inspirer leurs camarades sur tout ce qui est lié vraiment à l’employabilité.
Pour les aspects liés à la participation citoyenne, nous procédons selon notre jargon par la réalisation des activités socio-éducatives des jeunes.
Parmi les activités socio-éducatives, nous avons choisi d’organiser des camps. Ces deux dernières années, nous avons, par le biais du camp, dénommé «Camp militaro-culturel des adolescents et des jeunes», mobilisé 206 jeunes qui ont été pris en charge par des animateurs formés à cet effet, par des professionnels.
Aussi, dans la dimension militaro-culturelle, nous travaillons en tandem avec les services de l’armée. En 2024, nous étions avec le SND de Loumbila dans la région de Oubri et en 2025, nous avons collaboré avec le service militaire de la région du Djôro.
Nous avons accompagné tout le long de ce camp qui a duré 10 jours, une sorte d’immersion qui permet effectivement de créer des cadres de brassage, du frottement entre des jeunes venant d’horizons divers, mais aussi de les former sur des thématiques adaptées à leur âge.
C’est ainsi que des thématiques liées à la santé sexuelle et reproductive, liées au patriotisme, à la citoyenneté, liées aux techniques de recherche d’emploi, toutes les problématiques qui concernent la jeunesse sont développées à travers ce cadre. On y associe des activités culturelles et de loisirs.
Nous avons aussi, sous ce chapitre, formé 518 jeunes sur la lutte contre la désinformation, le discours de haine et l’extrémisme violent, 12 313 jeunes ont été sensibilisés sur la cohésion sociale et le vivre ensemble, et la lutte contre la désinformation et le discours de haine à travers la plateforme.
Nous concevons aussi des messages, des capsules vidéo qui sont diffusées de façon périodique pour sensibiliser les jeunes.
Nous avons enfin, au cours de 2025 formé 503 jeunes sur la Révolution Progressiste Populaire à travers tout le dispositif.
RI: Quels sont les principaux obstacles que les jeunes Burkinabè rencontrent lorsqu’ils cherchent à accéder aux opportunités d’emploi ?
MZ: En termes d’obstacles ou de principaux défis, il faut dire que, pour nous, quand on dit employabilité, il y a deux dimensions principales.
Il y a une dimension qui est liée à l’individu. Et cela fait appel au savoir, au savoir-faire et à l’expertise professionnelle. Mais la deuxième dimension est liée au dispositif institutionnel et à l’environnement, du travail de façon globale.
En résumé, il faut dire que l’employabilité, c’est le fait, pour quelqu’un, d’avoir une certaine probabilité de trouver un emploi, de le garder ou d’en changer si nécessaire.
Mais, plusieurs facteurs peuvent limiter un jeune, dans son parcours, dans sa quête d’un emploi ou dans sa mobilité professionnelle.
Et on peut retenir, entre autres, d’abord l’accès limité à l’information. De nos jours, il y a de nombreux jeunes qui disent qu’ils sont au chômage, mais en réalité, ils ne savent pas où trouver l’information liée à l’emploi. C’est cela leur grosse difficulté.
En plus de cela, il y a l’insuffisance de formation continue. Sur ce point, les gens n’ont pas ce réflexe de se mettre à jour.
Et cela a pour conséquence, l’obsolescence rapide des connaissances, des compétences dans un contexte d’ouverture à l’intelligence artificielle et autres.
Le manque de la culture entrepreneuriale est aussi une grosse limite au niveau de notre jeunesse. Ce qui fait que, même s’ils se lancent dans l’entrepreneuriat, ils ne sont pas suffisamment outillés. Ce qui augmente forcément le taux d’échec.
En matière de création d’entreprises, il y a le refus de la mobilité professionnelle. On ne veut pas quitter sa zone de confort.
Quand on a un petit emploi, un petit boulot, on préfère s’accommoder, et même si le revenu n’est pas suffisamment important, même si l’activité elle-même n’est pas suffisamment productive, on finit par y passer pratiquement l’essentiel de sa vie.
Cela constitue un gros problème pour notre économie globalement. Et il y a une réticence au changement.
C’est autant de facteurs qui limitent véritablement l’employabilité chez les jeunes. Comme je l’ai dit tantôt, le fait d’accéder, d’acquérir, de conquérir un emploi, est aussi le fait d’assurer une certaine mobilité professionnelle et une certaine adaptabilité au changement dans le milieu du travail.
RI: Quels sont les critères de sélection pour les projets et les initiatives des jeunes que YouthConnekt Burkina Faso soutient ?
MZ : En termes de critères, disons que notre public, ce sont les jeunes de 15 à 35 ans globalement, mais nos interventions touchent aussi des moins jeunes.
Quand vous allez sur le terrain, toujours dans le milieu rural à travers l’initiative référent -Opportunité -Insertion, vous savez, qu’il est difficile aujourd’hui de traiter la question de la jeunesse sans aborder la question de la femme.
Ce sont des groupes cibles qui partage pratiquement de nombreuses préoccupations. Donc, nous n’avons pas le choix que de traiter cette question en tenant compte de cette réalité.

Dans notre public cible, vous trouverez beaucoup de femmes, même au-delà de 35 ans. Et même si notre cible privilégiée, ce sont les jeunes, nous sommes assez attentifs à cette question d’inclusion. Selon l’offre qui est en jeu, le secteur d’activité peut être un élément.
En fonction de l’offre, le niveau d’instruction, la qualification professionnelle peuvent être des critères. Bref, tout dépend de l’offre qui est en jeu car on détermine le public en fonction de cela.
RI: Comment YouthConnekt Burkina Faso mesure-t-elle l’impact de ses interventions sur l’employabilité et l’entrepreneuriat des jeunes ?
MZ : Comme nous sommes une entité administrative, nous sommes dans un environnement déjà organisé.
Au niveau du ministère, il y a la Direction générale des études et des statistiques sectorielles, qui s’occupe de tous ces études statistiques et capitalisation à l’aide d’outils de collecte de données, d’analyse ainsi que tout ce qui peut faire l’objet d’appréciation en termes d’effet et d’impact.
Nous obéissons à ce schéma quoiqu’à l’interne, au niveau du secrétariat permanent, nous avons un département qui est chargé du suivi et de l’évaluation.
Ce département travaille en tandem avec la Direction générale des études et des statistiques sectorielles, en relation avec les chargés de planification au niveau des programmes budgétaires auxquels nous sommes rattachés.
Il s’agit notamment du programme budgétaire jeunesse et du programme budgétaire emploi.
Mensuellement et trimestriellement, nous fournissons les données sur tout ce que nous réalisons comme activités sur le terrain.

Et comme l’impact ne se mesure pas dans l’immédiat, il faut des études d’une certaine envergure.
Cette étude est du ressort de la Direction générale des études et des statistiques sectorielles.
Sinon, il y a déjà le feedback que nous recevons de nos publics, bénéficiaires de tout ce que nous développons comme offre, que ce soit la formation, que ce soit le kit ou tout autre appui que les jeunes ont bénéficié à travers notre structure.
A titre d’exemple, la participation des jeunes promoteurs aux instances internationales dans le cadre du sommet YouthConnekt Africa ou du forum YouthConnekt Sahel.
Il nous revient que ceux-ci sont parfois appelés à tel ou tel forum, panel, foire ou salon, souvent à l’intérieur du pays, tout comme hors du pays.
Nous pensons que c’est un effet induit de notre accompagnement qui permet cela.
Pour les activités de formation réalisées en 2025 suivies des dotations, nous avons le retour de la communauté rurale, où des jeunes formés en décembre sont déjà opérationnels.
Ils arrivent à faire leur production maraîchère, piscicole ou autre ; leurs produits sont déjà sur le marché.
Certains arrivent déjà à faire la transformation des fruits en jus locaux. Nous en avons quelques exemples dans la zone de Koubri et plusieurs témoignages de ce genre de décollage entrepreneurial.
Dans le cadre de l’initiative ROPI, nous avons déjà du poisson produit par des jeunes formés, dans les communes de Laye et de Komsilga.
Donc, cela fait qu’aujourd’hui, nous sommes assez réconfortés du fait que, ce que nous faisons arrive à faire tache d’huile.
RI: Quels sont les partenariats stratégiques que YouthConnekt Burkina Faso a établis avec les acteurs publics et privés pour offrir des opportunités aux jeunes Burkinabè ?
M Z: En termes de partenariat stratégique, YouthConnekt Burkina appartient à une grande famille. Au niveau panafricain, comme je l’ai dit, nous avons le secrétariat exécutif de YouthConnekt Africa avec lequel nous interagissons ainsi que des partenaires nationaux.
Au niveau national, nous avons les agences du système des nations unies telles que le PNUD, qui est présent depuis la création et le lancement de YouthConnekt Burkina, jusqu’à nos jours.
Il y a aussi d’autres agences qui participent à tous les grands événements de YouthConnekt, je vais citer l’OIM, l’UNICEF, l’UNFPA qui sont des agences du système des Nations Unies, qui nous accompagnent pour nous permettre de hisser haut le flambeau du Burkina dans ces instances.
Je peux dire également qu’il y a des partenaires nationaux importants pour nous aujourd’hui: le Burkina Suudu Bawdè et la Confédération Paysanne du Faso, qui sont des partenaires de mise en œuvre de nos activités de formation depuis 2025.
Probablement, cette année encore, ils vont être là avec nous, pour nous aider à pousser notre public cible.
Si nous prenons le cas de Burkina Suudu Bwadè, tout ce qui est formation professionnelle, nous leur confions nos jeunes à travers des conventions, des contrats de prestation, ils assurent la formation et nous aident à acquérir aussi des kits d’installation et autres.
Il en est de même pour la Confédération Paysanne du Faso. Tout ce qui est formation liée aux métiers agricoles, nous avons leur accompagnement, qui nous permet justement non seulement de former les jeunes, de les équiper, mais aussi d’assurer le suivi des activités des jeunes sur le terrain.
Je parlais tantôt du processus d’accélération. Nous avons beaucoup de jeunes qui vont dans l’entrepreneuriat, mais qui ont besoin d’être accompagnés jusqu’à un certain niveau.
Là, le processus d’accélération permet d’accompagner ceux qui ont déjà créé leurs produits ou leurs services et qui ont besoin d’être appuyés pour avoir leur autonomie à un moment donné. Parce qu’à chaque étape du projet d’entreprise, il y a des défis. En fonction de chaque étape, nous offrons des formations à travers des services spécialisés.
Cette année, nous envisageons de travailler avec l’ABNORM, Apex Burkina, SP/CNPI et bien d’autres partenaires étatiques qui interviennent en matière de promotion de l’entrepreneuriat en termes de normes de qualité, en termes de protection et en termes de certification de produits et de mise en marché.
Nous interagissons avec tous les acteurs qui interviennent sur ces problématiques afin que leurs offres puissent profiter aux jeunes.
Je pense que c’est l’un des rôles cruciaux du dispositif YouthConnekt, qui est d’assurer une mise en réseau des acteurs et des jeunes afin que les jeunes puissent se saisir de tout ce qui est opportunité.
RI: Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
MZ : Avant de parler des difficultés, j’aimerais parler des perspectives pour 2026.
Nous avons fixé le gap de 500 jeunes à former et à les doter d’un kit d’installation. Nous entendons accompagner 15 000 jeunes à travers tout le territoire national dans leur parcours d’insertion avec notre dispositif Référent-Opportunités-Insertion.
40 000 jeunes seront sensibilisés en entrepreneuriat à travers nos dispositifs numériques, 10 100 jeunes seront sensibilisés sur la cohésion sociale et la culture de la paix.
On envisage toucher de concert avec les autres structures du ministère autour de 65 000 jeunes sur la Révolution Progressiste Populaire.
Nous sommes aussi dans la dynamique de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel.
Ce qui va nous conduire à organiser en marge du Forum des jeunes de l’AES. un camp éducatif qui pourra réunir autour de 150 jeunes des trois pays pour partager des valeurs communes.
Les enjeux consistent à mobiliser davantage les jeunes autour des idéaux qui sont portés par nos chefs d’État. Ce sera l’une de nos grandes perspectives pour cette année.
En termes de difficultés, c’est comme toute entreprise qui vit. Toute entreprise qui vit a ses défis et forcément aussi ses difficultés. Les difficultés au niveau du secrétariat permanent de YouthConnekt Burkina sont essentiellement liées à notre faiblesse des ressources.
Nous avons besoin de mobiliser davantage les partenaires autour de nos défis, autour des projets que nous portons pour que nous puissions toucher le plus grand nombre de jeunes possible.
À côté de cela, comme nous sommes appelés à agir national, cela nous amène aussi à être confrontés à ce défi de mobilité. Mobilité en tant que structure centrale ainsi que tout le dispositif que nous déployons au niveau des communes.
Aujourd’hui, nous avons des agents dans la plupart des communes rurales. Nous avons besoin qu’ils soient mobiles, qu’ils parcourent tous les villages et qu’ils relèvent les défis de leurs communes respectives.
RI : Quel message avez-vous pour les jeunes Burkinabè qui cherchent à s’investir dans l’entrepreneuriat ?
MZ : Mon dernier mot à l’endroit de la jeunesse, sera un appel. Un appel à la jeunesse à se réveiller pour mener le bon combat qui est celui tracé par les plus hautes autorités du pays.
Et, que chaque jeune burkinabè se doit aujourd’hui d’être un ambassadeur, où qu’il soit, pour la prospérité, pour la cohésion sociale, pour le développement du Burkina, en vue d’une adhésion suffisante des populations à la révolution progressiste populaire.
Chaque jeune doit être une solution, d’abord pour soi-même, avant de l’être pour la communauté et pour le pays.
Que ce soit à travers leurs organisations, que ce soit à travers leurs propres initiatives, en tant que leader, les jeunes peuvent énormément contribuer à la sensibilisation et à la formation de leurs camarades jeunes, mais aussi à la construction de l’édifice national, à partir de leur propre communauté. Tout cela requiert une confiance en ses propres capacités.

