Le muret équipé d’un portail métallique érigé sous le hangar du caviste à Bonheurville.
L’occupation d’un espace vert crée une tension entre un détenteur de cave et un imam au quartier Bonheurville situé au secteur 31 de Ouagadougou. Refletinfo.net est allé à la rencontre des protagonistes.
Secteur 31 de Ouagadougou, quartier Bonheurville. Le ciel dégagé du dimanche 4 octobre 2026, montre peu de signes d’orage. Les fourmis ailées, s’envolent et piquent par moment.
A proximité du sud du rond-point de la Transition, un espace vert abrite une mosquée et plusieurs petits commerces.
Depuis quelques jours, un muret équipé d’un portail métallique a été érigé sous un hangar utilisé par Albert Guiguimdé depuis plus d’une dizaine d’années, pour garer son véhicule. L’occupation de cet espace public, fait l’objet de tension entre deux particuliers.
Les faits selon les deux parties
Albert Guiguimdé est le propriétaire d’une cave. Il relate sa version des faits.« Le hangar date d’une décennie, avant même la construction de la mosquée. Le lieu était toujours un espace vert», confie-t-il.
Mais l’espace fait l’objet de tension depuis quelques jours. « Depuis avant hier, j’ai constaté qu’un homme est venu ériger un muret de deux couches avec un portail métallique sans m’en informer. Je ne comprends rien. Je n’ai pas été contacté pour cela », déplore-t-il.
Et de poursuivre « Il y a environ un an, je les ai approchés pour exprimer mon besoin d’ériger une maisonnette sur l’endroit en remplacement du hangar tout en laissant un passage pour l’accès. Ils ont refusé tout en promettant de me revenir après concertation», se souvient-il avec air de certitude.
Mais sa démarche explique-t-il, reste toujours sans réponse. «Depuis, j’attends le retour de la décision prise après leur concertation. C’est avec étonnement que je découvre qu’il vient ériger un mur à mon insu.», indique-t-il.
Il dit être profondément surpris, car, « c’est celui-là même par qui, j’ai contacté premièrement pour transmettre ma doléance auprès des responsables de la mosquée, qui est malheureusement venu construire le muret. Je suis mécontent parce que cela fait une dizaine d’années que le hangar existe et élever un muret sans m’informer. On m’aurait averti et je saurais quoi faire. Mais hélas», déplore-t-il.
L’insalubrité, le problème…
Boubacar Kinoré qui se présente comme imam de la mosquée et superviseur de l’espace concerné, donne une autre lecture de la situation.
La fermeture du passage justifie-t-il, répond avant tout, à un problème d’insalubrité. Il affirme que des déchets seraient régulièrement abandonnés dans l’espace vert.
« Ils viennent jeter de la viande pourrie et des plumes dans l’espace à une heure tardive. Les responsables de la mosquée ont convenu de fermer le passage avec une porte », explique-t-il.
Quant à la plainte du propriétaire de la cave, l’imam estime qu’il n’était pas nécessaire d’obtenir son accord avant de procéder aux travaux. « Nous ne devons ni le négocier ni l’avertir avant d’ériger le mur », soutient Boubacar Kinoré.
Une décision collective contestée
Un membre du bureau de la jeunesse de la mosquée, rencontré par Refletinfo.net, affirme que le caviste n’aurait pas été informé d’une éventuelle décision collective portant sur la construction du muret.
« Il n’a été mis au courant d’aucune décision des responsables de ce lieu de prière, qui aurait été prise de façon commune, visant à ériger un muret pour fermer le passage sous le hangar », affirme-t-il.
Le responsable estime que l’initiative pourrait relever d’une décision personnelle de l’imam. Il évoque une possible volonté du religieux d’utiliser l’espace à d’autres fins.
Mais Boubacar Kinoré rejette cette interprétation. Il maintient que son intervention vise principalement à mettre fin aux dépôts de déchets et à préserver la propreté des lieux.
Toutefois, l’imam reconnaît être propriétaire de plusieurs maisonnettes construites autour de la mosquée. Ces constructions sont, selon lui, destinées à la location.
Pour l’heure, les deux parties restent sur leurs positions. Le caviste demande des explications sur une construction réalisée selon lui, sans concertation. L’imam de son côté, défend une mesure destinée à lutter contre l’insalubrité.
En attendant les explications des autorités compétentes sur le statut et l’utilisation de cet espace vert, le règlement rapide du différend, lui éviterait une autre coloration.

