Le Niger adopte un nouveau texte qui encadre l’exercice des correspondants de presse étrangers et l’accréditation des médias étrangers au Niger.
Le gouvernement nigérien a adopté le vendredi 11 septembre 2026, en Conseil des ministres, un nouveau texte qui encadre l’exercice des correspondants de presse étrangers et l’accréditation des médias étrangers au Niger.
Par Nounpèthé Kambou
Le dispositif vise à renforcer la traçabilité des activités médiatiques et la responsabilité professionnelle des journalistes étrangers.
Présidé par le Général Abdourahamane Tiani, le Conseil des ministres estime que cette réforme s’impose dans un contexte marqué par la transformation numérique des médias, l’intensification des flux d’information et la montée des phénomènes de désinformation et de manipulation de l’information.
Le nouveau cadre doit permettre de mieux identifier les médias étrangers présents sur le territoire nigérien et de préciser les conditions d’exercice de leurs représentants.
Il va concilier « la liberté d’informer avec les impératifs de transparence, de responsabilité éditoriale, de sécurité juridique et de préservation de l’ordre public », selon les autorités nigériennes.
L’octroi des accréditations contrôlés
Le texte précise les conditions de délivrance, de renouvellement et de retrait des accréditations. Il définit aussi les catégories de journalistes concernés ainsi que leurs obligations professionnelles.
Des cartes spécifiques de correspondants de presse étrangère et de journalistes étrangers de passage seront également délivrées.
L’Observatoire National de la Communication (ONC) voit, par ailleurs, son rôle renforcé. L’institution devra émettre un avis motivé dans la procédure d’accréditation et participer à la délivrance des cartes professionnelles.
Le gouvernement justifie cette réforme par l’absence jusqu’ici, d’un dispositif qui définit clairement les droits et obligations des correspondants étrangers.
Il évoque également, les impératifs de sécurité nationale, d’ordre public et de protection des intérêts fondamentaux de l’État.
Cette décision intervient dans un contexte tendu pour les médias étrangers au Niger. L’ONC a suspendu la diffusion de neuf médias étrangers dont RFI, France 24, l’AFP, TV5Monde et Jeune Afrique.
L’organe nigérien de régulation des médias leur reproche la diffusion de contenus jugés préjudiciables à l’ordre public et à la stabilité des institutions.

