Le général de division Moussa Salaou Barmou, ex-chef d’état-major des Armées (CEMA) du Niger.
Le général de division Moussa Salaou Barmou, n’est plus le chef d’état-major des Armées (CEMA) du Niger. Il a été remplacé vendredi 11 septembre 2026 par le général de brigade Mahaman Sani Kiaou, jusque-là, chef d’état-major de l’armée de terre (CEMAT). La décision a été annoncée dans la soirée par le ministère de la Défense nationale, sur la base d’un décret du Président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani.
Par Elie Fagnaan
Aucune explication officielle n’a été fournie pour justifier le départ du général Barmou. Son remplacement constitue toutefois, le changement le plus important intervenu au sommet de la hiérarchie militaire depuis l’arrivée du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) au pouvoir depuis le 26 juillet 2023, commentent nos confrères d’Actu Niger.
Ancien patron des forces spéciales et membre du CNSP, Moussa Salaou Barmou occupait une position stratégique au sein de l’appareil militaire.
Officier aguerri formé aux États-Unis, il a servi dans plusieurs unités et participé à des opérations contre les groupes armés, dans l’est du pays face à Boko Haram et ses différentes factions.
Son éviction intervient quelques jours après la mutinerie survenue à Niamey dans la nuit du 28 au 29 août 2026.
Des éléments du Bataillon spécial de recherche du Commandement des opérations spéciales (BSR/COS) avaient en effet, pris le contrôle de plusieurs points stratégiques de la capitale avant de se replier vers la base aérienne 101.
Les autorités avaient présenté ces événements comme une tentative de déstabilisation. Elles avaient également indiqué que des partenaires russes de l’Africa Corps avaient apporté leur soutien à la Garde présidentielle pour rétablir la situation.
Plusieurs militaires avaient été interpellés et placés à la disposition de la Gendarmerie nationale. Aucun bilan détaillé des affrontements ni l’identité des principaux meneurs n’ont officiellement été communiqués.

La proximité entre ces événements et le remplacement de Barmou alimente depuis les interrogations à Niamey. Selon Actu Niger, le général Barmou était en effet, un ancien responsable des forces spéciales, dont certains éléments avaient été impliqués dans les troubles d’août.
La veille de son limogeage rapporte le média nigérien, le général Barmou participait pourtant, aux côtés du ministre d’État chargé de la Défense nationale, le général d’armée Salifou Mody, à la cérémonie de triomphe de la 21e promotion de l’École de formation des officiers des forces armées nigériennes (EFOFAN), à Tondibiah.
Le nouveau CEMA, Mahaman Sani Kiaou, n’est pas étranger aux forces spéciales. Il est lui aussi passé par ces unités. Il était récemment engagé dans une tournée d’explications à l’intérieur du pays auprès des différentes zones de défense.
D’autres changements à la tête de l’armée nigérienne
Le décret présidentiel prévoit également d’autres changements. À la tête de l’armée de terre, le général de brigade Abdourahalane Abou Zataka, jusque-là adjoint, a été nommé chef d’état-major.
Le colonel-major Ibrahim Abdourazak Ben devient son adjoint. Dans l’armée de l’air, le général de brigade aérienne Ismaël Ka Sidi Omar Ka, ancien commandant de la base aérienne 101 de Niamey, a été nommé adjoint à l’état-major.
Ce remaniement intervient dans un contexte sécuritaire et politique particulièrement sensible. Il pourrait traduire écrit Actu Niger, une volonté de réorganisation du haut commandement militaire après les événements de Niamey.
Les prochaines semaines devraient permettre de mieux comprendre les motivations de cette décision et ses éventuelles conséquences sur les équilibres internes au CNSP et au sein des forces armées nigériennes, espère le média en ligne nigérien.

