L’État du Ghana rachète 30 % de la production d’or des grandes mines pour renforcer ses réserves.
Le gouvernement a conclu un accord avec les principales compagnies aurifères qui opèrent dans le pays afin de racheter 30 % de leur production d’or à partir du 1er juillet 2026. Cette mesure vise à renforcer les réserves nationales, soutenir la monnaie locale et développer l’industrie de raffinage sur le territoire ghanéen.
Par Elie Fagnaan
Le Ghana valorise ses ressources minières. Les termes de l’accord consultés par Sika Finance, stipulent que les sociétés minières devront céder 30 % de leur production sous forme de doré à GoldBod.
GoldBod est l’organisme public chargé de la commercialisation de l’or. Les achats seront effectués en cédis ghanéens, sur la base du taux de référence de la Banque du Ghana, avec une décote de 0,55 %.
Cette réforme remplace le dispositif mis en place en 2022, qui prévoyait l’acquisition de 20 % de la production des grandes mines.
Les autorités estiment que l’augmentation du quota permettra d’accélérer l’accumulation des réserves stratégiques du pays.
Le programme s’inscrit dans le cadre du Ghana Accelerated National Reserve Accumulation Program (GANRAP).
Le gouvernement ambitionne de porter les réserves d’or à 157 tonnes d’ici à 2028, soit l’équivalent de quinze mois de couverture des importations. En février 2026, les réserves de la Banque du Ghana étaient estimées à 19,2 tonnes.
Au-delà de l’objectif financier, Accra développe une véritable industrie locale de transformation de l’or.
L’or acquis par GoldBod sera raffiné localement avant d’être expédié vers une raffinerie certifiée par la London Bullion Market Association (LBMA) pour les opérations de fonte et de marquage.
Le Ghana vise également l’accréditation internationale d’au moins une raffinerie nationale d’ici à 2030.
Premier producteur d’or du continent africain, le Ghana veut transformer sa richesse minière en levier de souveraineté économique.
Les autorités espèrent réduire leur dépendance aux devises étrangères, accroître les recettes nationales et capter une part plus importante de la valeur générée par l’exploitation aurifère.

