Le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubacar Nacanabo.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubacar Nacanabo, a présenté le bilan de son département après quatre années de gouvernance du président Ibrahim Traoré. Les recettes publiques, le Fonds de soutien patriotique et les perspectives du plan RELANCE 2026-2030 figurent parmi les principaux acquis mis en avant lors de l’Exposition gouvernementale, tenue du 2 au 9 octobre 2026 au SIAO, à Ouagadougou.
Par Elie Fagnaan
Le Burkina Faso renforce la mobilisation de ses ressources intérieures. Selon le ministre de l’Économie et des Finances, les recettes de l’État sont passées de 2 505,7 milliards de FCFA en 2022 à 3 311 milliards en 2025.
À fin septembre 2026, elles dépassaient déjà 3 000 milliards de FCFA. Dr Aboubacar Nacanabo attribue cette progression aux réformes fiscales et douanières, à la digitalisation des services et au renforcement de la lutte contre la fraude.
« Une Nation qui veut être souveraine politiquement doit progressivement construire les moyens de sa souveraineté économique », a-t-il déclaré, défendant une stratégie fondée sur la mobilisation des ressources nationales.
Le ministre a également mis en avant les performances du Fonds de soutien patriotique (FSP), qui a mobilisé près de 750 milliards de FCFA entre 2023 et septembre 2026.
Ces contributions citoyennes financent notamment la prise en charge et l’équipement des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), ainsi que les besoins des forces armées. L’agence Faso Mêbo a, pour sa part, bénéficié de plus de 144 milliards de FCFA issus du fonds.
Sur le marché financier régional, le Burkina Faso a mobilisé près de 1 200 milliards de FCFA en 2025, contre 773 milliards en 2022.
À fin août 2026, les levées de fonds dépassaient 1 133 milliards de FCFA. La première phase du Diaspora Bond a permis de réunir 151,5 milliards de FCFA, au-delà de l’objectif de 125 milliards.
Le Sukuk souverain a également dépassé ses prévisions, avec 77,5 milliards mobilisés pour un objectif de 75 milliards.
Des indicateurs économiques en amélioration
Le ministre a relevé une croissance économique passée de 1,8 % en 2022 à 5,3 % en 2025, avec une prévision de 6 % en 2026.
L’inflation, qui atteignait 14,1 % en 2022, est retombée à -0,5 % en 2025. Le déficit budgétaire est passé de 11 % à 1,4 % du produit intérieur brut.
Le financement du secteur privé constitue un autre axe de l’action gouvernementale. En quatre ans, le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES-Toogo) a accompagné 622 entreprises pour un montant supérieur à 38 milliards de FCFA. L’objectif consiste à renforcer la production locale, la transformation des matières premières et la création d’emplois.
Le gouvernement mise sur de nouveaux instruments financiers, dont la Banque des dépôts du Trésor, Faso-Réassurances, Faso Transit et Logistique, Yennenga Holding Burkina Faso et le Fonds souverain minier d’investissement Siniyan-Sigui.
Ces structures doivent notamment renforcer la maîtrise nationale des ressources financières, des flux logistiques et des revenus miniers.
RELANCE 2026-2030 pour accélérer la transformation
Pour la période 2026-2030, le plan RELANCE prévoit la mobilisation de plus de 36 000 milliards de FCFA, dont plus de 12 000 milliards destinés aux investissements structurants.
Les secteurs prioritaires comprennent les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’industrialisation, le numérique et le capital humain. Le gouvernement ambitionne une croissance moyenne de 7,2 % par an.
Dr Aboubacar Nacanabo a aussi insisté sur la modernisation de l’administration financière grâce aux plateformes numériques et sur le renforcement des contrôles des dépenses publiques.
Plus de 2 000 comptes de dépôts ont été contrôlés et près de 2 000 marchés publics examinés. Les vérifications fiscales ont généré 61 milliards de FCFA de recouvrements effectifs, tandis que les saisies douanières et les opérations contre la fraude ont représenté près de 140 milliards de FCFA sur la période.
Pour le ministre, ces résultats ne doivent toutefois pas, conduire à l’autosatisfaction. « La souveraineté économique ne se proclame pas. Elle se finance. Elle ne se décrète pas. Elle se produit. Elle ne s’importe pas. Elle se construit », a-t-il martelé, appelant les Burkinabè à privilégier le travail, l’investissement et la production nationale.
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