Des membres du gouvernement du Burkina Faso en conseil des ministres du jeudi 05 novembre 2026.
La construction du Mémorial Sankara, l’implantation d’une usine de verre à Bobo-Dioulasso et le projet industriel de Faso Ciment bénéficient de mesures de sécurisation foncière. Le Conseil des ministres du jeudi 5 novembre 2026, a également autorisé deux prises de participation de sociétés publiques et créé deux structures dans le secteur de la santé.
Par Elie Fagnaan
Le Conseil des ministres du Burkina Faso a adopté, le jeudi 5 novembre 2026 à Ouagadougou, sept décrets au titre du ministère de l’Économie et des Finances.
Trois décisions portent sur la déclaration d’utilité publique urgente de terrains destinés à des projets d’infrastructures et d’industrialisation.
Les mesures concernent le Mémorial Isidore Noël Thomas Sankara, un complexe industriel de production de verre à Léguéma et une unité de production de Faso Ciment à Bobo-Dioulasso.
La séance s’est tenue sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso et président du Conseil des ministres.
Le Mémorial Sankara prévu sur plus de 14 hectares
Le projet de construction des infrastructures du Mémorial Isidore Noël Thomas Sankara figure parmi les dossiers fonciers examinés.
À l’horizon 2028, le programme prévoit une tour Sankara de 87 mètres de hauteur, un musée de 2 360 m² et un téléphérique reliant le mémorial au parc Bangr-Weogo.
Le site retenu couvre 14 hectares, 61 ares et 66 centiares dans le secteur 3 de Ouagadougou, arrondissement n° 1.
Il est délimité au nord par le Centre national de transfusion sanguine, au sud par le boulevard Thomas Sankara, à l’est par l’École nationale d’administration et de magistrature et l’Université Joseph Ki-Zerbo, et à l’ouest par les ministères de la Santé et des Finances.
La mobilisation du terrain constitue une difficulté majeure pour la réalisation du projet. Environ 10 hectares sont occupés par des propriétés privées, des dépendances du domaine public et des enclaves diplomatiques.
Cette situation complique la disponibilité du site et pourrait affecter le respect du calendrier prévu.
La déclaration d’utilité publique urgente vise à faciliter la mobilisation des emprises foncières nécessaires à la construction des infrastructures.
Deux projets industriels à Bobo-Dioulasso
Le Conseil des ministres a également adopté un décret concernant l’implantation d’un complexe industriel intégré de production de verre à Léguéma, dans la commune de Bobo-Dioulasso.
Le terrain concerné couvre 60 hectares, 37 ares et 19 centiares. Situé hors lotissement dans la province du Houet, région du Guiriko, le site doit accueillir les unités de production, les infrastructures techniques, les espaces de stockage et les équipements nécessaires au fonctionnement du complexe.
Selon le compte rendu du Conseil des ministre, le projet vise à soutenir le développement industriel du Burkina Faso, répondre à la demande croissante en produits verriers et renforcer la compétitivité de l’économie nationale.
La déclaration d’utilité publique urgente doit permettre de sécuriser le terrain destiné à cette implantation.
Le troisième décret concerne la réalisation d’une unité de production industrielle de la société Faso Ciment à Bobo-Dioulasso.
Le site identifié couvre 47 hectares, 30 ares et 28 centiares, à cheval entre les villages de Kotédougou et de Niamadougou.
Le communiqué signale des difficultés dans les opérations de mobilisation foncière engagées par les services techniques.
Certaines populations s’opposent à ces opérations, une situation présentée comme un risque majeur pour la réalisation du projet.
Le décret vise à accélérer la mobilisation des terrains nécessaires à l’installation de l’unité industrielle.
Le gouvernement considère cette infrastructure comme un projet d’intérêt national en raison de ses retombées économiques et sociales attendues.
SONASP et SONABHY autorisées à prendre des participations
Deux autres décrets autorisent des prises de participation de sociétés publiques dans des entreprises. La Société nationale des substances précieuses (SONASP) pourra détenir 50 % du capital de Faso Sanu.
Le Trésor public possédera les 50 % restants. Cette opération est prévue conformément à la loi n° 025/99/AN du 16 novembre 1999 portant réglementation générale des sociétés à capitaux publics.
Le Conseil des ministres a également autorisé la Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY) à prendre une participation dans Tadji du Faso, également désignée TAFA Energies.
Cette opération représente un montant de 600 millions de FCFA, correspondant à 60 % du capital de la société. Le décret autorise la participation de la SONABHY dans cette entreprise.
Deux nouvelles structures dans le secteur de la santé
Le Conseil des ministres a enfin adopté deux décrets portant création de structures publiques dans le domaine sanitaire.
L’Agence burkinabè de médecine traditionnelle et alternative (ABMTA) résulte de la fusion de la Direction de la médecine traditionnelle et alternative et du Centre de médecine traditionnelle et de soins intégrés.
Sa mission consiste à contribuer à la mise en œuvre de la politique nationale en matière de médecine traditionnelle et alternative.
L’agence est constituée en établissement public de santé non hospitalier, doté de la personnalité morale et de l’autonomie administrative et financière.
Le second décret porte création de Faso Center for Disease Control (Faso CDC). Cette structure résulte de la fusion du Secrétariat technique One Health et du service de surveillance épidémiologique de la Direction générale de la santé publique à l’Institut national de santé publique.
La réforme selon le gouvernement, vise à mettre fin aux chevauchements entre l’Institut national de santé publique et la Direction générale de la santé publique dans les domaines de la surveillance et de la riposte. Elle doit également améliorer la cohérence de la mise en œuvre de l’approche One Health.

