L'ancien Président béninois Yayi Boni a annoncé qu'il siégera finalement au Sénat.
L’ancien Président béninois Yayi Boni a annoncé qu’il siégera finalement au Sénat, revenant sur sa position initiale contre cette institution. Dans une déclaration publiée le 22 juillet, il justifie ce changement par l’évolution du contexte politique et institutionnel du pays.
Par Elie Fagnaan
Opposé à la création du Sénat lors de l’examen du projet de révision constitutionnelle, Yayi Boni avait affirmé qu’il ne participerait pas à cette nouvelle chambre.
Mais après l’adoption et la promulgation de la loi, il estime que les nouvelles réalités nationales imposent une autre approche. Est-il allé contre sa porale ? Il se justifie.
« (…) j’avais publiquement fait connaître ma position, en indiquant clairement que je n’envisageais pas de siéger au sein de cette institution, pour les raisons que j’avais alors exposées. La loi a été votée et promulguée. Depuis lors, le contexte national a considérablement évolué et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Notre pays fait face à de nouvelles réalités institutionnelles, notamment la mise en place d’un Parlement monocolore. »
L’ancien chef de l’État souligne alors, l’instauration d’un Parlement monocolore et la réduction des espaces de dialogue politique. Selon lui, le Sénat peut désormais devenir un cadre de concertation capable de porter les préoccupations des citoyens et de favoriser la décrispation de la vie politique.
Yayi Boni affirme rester attaché à ses priorités, notamment le respect des droits de l’Homme, la défense des libertés fondamentales, le renforcement de l’unité nationale, la sécurité, la démocratie et la paix. Il rappelle sa préoccupation face à l’existence de prisonniers et d’exilés politiques.
Se fondant sur l’article 113-3 de la Constitution, il indique qu’il exercera son droit de siéger comme sénateur.
Il précise qu’il ne s’agit pas d’une démarche personnelle, mais d’une disposition constitutionnelle qu’il entend mettre au service de l’intérêt général. Avec ses futurs collègues, il dit vouloir faire du Sénat une institution dédiée à la défense des intérêts du peuple béninois.

