Bassolma Bazié, président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES) Burkina.
À la faveur de la Journée des coutumes et traditions célébrée à Koukouldi dans le Sanguié, région du Nando, Bassolma Bazié, président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), a livré un discours sous forme d’enseignement, marqué par des références spirituelles et ancestrales. L’ancien ministre des serviteurs du peuple, a attribué certains accidents de la route à l’abandon des pratiques coutumières par une partie de la population.
Par Siébou Kansié
Les nouvelles pratiques religieuses poussent plusieurs familles à négliger les rites liés aux ancêtres selon l’ex-ministre d’État. Certaines personnes refuseraient d’entretenir les sépultures de leurs aïeux à cause des interdits de leur religions.
Une attitude qu’il considère comme une rupture grave avec les valeurs traditionnelles. « Il n’y a pas une pire malédiction que ça », a-t-il martelé.
Et de poursuivre :
« Celui qui a nourri votre père, votre mère, et qui est mort, vous dites qu’il ne suit pas certaines pratiques, on ne peut pas creuser sa tombe. Et après, on est étonné que nous fassions des accidents bizarres. Justement, parce qu’on n’est pas sur la route. »
Pour Bassolma Bazié, les ancêtres occupent une place essentielle dans l’équilibre entre les vivants et le monde spirituel.
Il estime que les personnes qui renient leurs traditions risquent d’être rejetées dans l’au-delà. Ces âmes rejetées, errantes et énervées, seraient selon ses explications, à l’origine des phénomènes mystérieux observés sur certaines routes.
L’ancien ministre des serviteurs du peuple, évoque notamment les zones réputées dangereuses, où les accidents sont fréquents.
Il cite les virages et les arbres considérés comme des points noirs de la circulation. D’après lui, ces lieux seraient habités par des esprits en colère, issus d’âmes rejetées par des ancêtres.
« Quand tu es rejeté par tous les groupes dans l’au-delà, tu es obligé de venir réintégrer un arbre au bord de la route, assis énervé. C’est toi qui sors de temps en temps, tu tapes les gens sur leur moto et ils tombent. On dit qu’ils ont fait un accident. », a-t-il expliqué dans une tonalité pédagogique.
Dans son intervention, Bassolma Bazié a également interpellé les jeunes générations sur la nécessité de renouer avec les coutumes africaines et de respecter les anciens. Il estime que l’abandon progressif des traditions fragilise les repères sociaux et spirituels.
S’adressant aux personnes âgées, il leur a demandé de transmettre les valeurs ancestrales aux enfants afin de préserver l’identité culturelle et éviter « la perte des repères ».
Ces déclarations ont été faites devant les participants réunis pour les festivités dédiées aux coutumes et traditions dans le Nando.

