Le Pape Léon XIV en Algérie.
Le Pape Léon XIV est en tournée apostolique en Afrique du 13 au 23 avril 2026. Parmi les pays qu’il visite, figure l’Algérie, contrée à référence islamique. Dans ce décryptage, le Dr Worondjilè Hien, enseignant-chercheur spécialisé en histoire des religions, y voit une astuce pour se rendre à Hippone, sur les traces de saint Augustin, qu’il admire. C’est une sortie qui a « des implications plutôt historiques, symboliques et aussi doctrinales ou idéologiques. », dira-t-il.
Propos recueillis par Jean Marc Kambou
Refletinfo.net: Comment analysez-vous la visite du Pape Léon XIV en Algérie, un État à référence islamique ?
Dr Worondjilè Hien: L’Algérie est un pays musulman. Les chrétiens sont minoritaires, particulièrement les catholiques environnent seulement 9 000 fidèles.
Donc, la visite du Pape Robert Francis Prevost devenu Léon XIV, a des implications plutôt historiques, symboliques et aussi doctrinales ou idéologiques. Léon XIV proclame être le disciple de saint Augustin.
Dans ses premières déclarations d’après élection, il disait que « Je suis un fils de saint Augustin, un augustinien, qui a dit : « Avec vous je suis chrétien et pour vous évêque » ». En fait, le souverain pontife est venu en Algérie « se ressourcer » spirituellement comme on le dit dans le jargon populaire.
Il essaie de confirmer sa fidélité déclarée au modèle spirituel de saint Augustin. C’est une démonstration de son profond attachement à la manière dont saint Augustin à œuvrer contre toutes les difficultés de son époque, notamment les dissidences religieuses que l’Église catholique appelle les hérésies, pour promouvoir l’unité de la foi chrétienne par la pratique de la justice et la défense de la vérité pour tous.
Ce voyage en Algérie et surtout la visite du site d’Annaba, sur les vestiges de la ville antique d’Hippone où saint Augustin fut l’évêque durant 34 ans (396-430), est un symbolisme religieux.
Le pèlerinage apparait comme l’expression de sa volonté à travailler pour l’unité de l’Église actuelle dont l’environnement politico-social est enclin à la division, à la violence du plus fort qui opprime les plus faibles comme au temps d’Augustin.
À l’instar de saint Augustin, Léon XIV se présente définitivement par la visite à Annaba comme étant le défenseur actuel de l’unité de l’Église par la paix, la vérité et l’amour des plus démunis.
En vérité, le Pape est allé à Hippone, ce lieu saint pour lui et non en Algérie. Si cet endroit se trouvait dans un autre État, c’est là-bas qu’il se serait rendu.

