Le Président Bassirou Diomaye Faye (à d.) et celui de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko.
Au Sénégal, les fonds spéciaux de la présidence de la République sont au cœur d’un nouveau bras de fer entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale. Les députés sous le leadership du président de l’hémicycle Ousmane Sonko, veulent encadrer, voire supprimer, ces crédits dont l’utilisation est jugée insuffisamment transparente.
Par Nounpèthé Kambou
La question est examinée dans le cadre de la session extraordinaire ouverte le lundi 10 août 2026.
Durant 15 jours, les parlementaires doivent étudier cinq textes. Deux propositions de loi, portées par la majorité Pastef, concernent directement les fonds spéciaux. Elles seront examinées en procédure d’urgence.
Pour les députés de la majorité, cette réforme vise à renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion des deniers publics. Elle répond à un engagement pris avant l’élection présidentielle de 2024, selon le Patef.
Ousmane Sonko s’est régulièrement opposé au principe des ‘’caisses noires’’. Il estime que leur gestion discrétionnaire est difficilement compatible avec les exigences de transparence.
Le débat suscite toutefois, des critiques dans le camp présidentiel. Certains responsables de « Kiiray les Patriotes républicains [parti présidentiel] », dénoncent une controverse politique.
Selon les estimations citées par Sika Finance, les fonds politiques, spéciaux ou d’intervention attribués à la présidence, représentent entre 7,9 et 8 milliards de FCFA par an.

