Le magistrat Urbain Méda à la barre.
Plusieurs prévenus, dont des magistrats, des douaniers et un avocat, ont comparu devant le tribunal de grande instance de Koupéla, situé dans la province du Kourittenga, région du Nakambé. Ils y répondent des faits présumés de corruption, d’acceptation de cadeaux indus, de blanchiment de capitaux, de détention illégale d’armes à feu et de divulgation de l’identité d’un témoin protégé. Au cœur des débats, le magistrat Urbain Méda a fermement nié toute implication.
Par Elie Fagnaan
A son tour d’intervention, le magistrat Urbain Méda a annoncé vouloir être bref en raison de problèmes de santé.
Magistrat depuis 25 ans, « siège pur », il a défendu un parcours « sans tâche ». Aucune décision scandaleuse selon lui, ne peut lui être reprochée.
Il a contesté les conditions de son interpellation. Absent de son domicile depuis le 10 octobre 2025, il estime que « l’autorité a été induite en erreur ».
Il dénonce un décalage entre le communiqué gouvernemental. Il évoque un vaste réseau de corruption et les faits débattus à l’audience, où il a notamment été question de chemises d’une valeur comprise entre 200 000 et 500 000 FCFA.
Concernant les interventions dans des dossiers judiciaires, il soutient qu’elles sont courantes et ne constituent pas une preuve de corruption.
Il nie également avoir perçu les 10 millions de FCFA évoqués par l’accusation. Il affirme n’avoir « reçu ni 10 francs, ni 25 francs ».
Ancien président de la chambre d’instruction, Urbain Méda a dirigé le procès de Thomas Sankara entre 2021 et 2022.
À l’issue de son intervention, il a salué la sérénité des débats. Le président du tribunal l’a invité à s’en tenir à la loi, son « seul refuge » face aux accusations.

