Une robe de magistrat burkinabè conçue en Faso Dafani.
Le Tribunal de grande instance de Koupéla rendra sa décision le 24 février 2026 dans le procès impliquant plusieurs magistrats, douaniers et un avocat poursuivi pour corruption, blanchiment de capitaux, détention illégale d’armes à feu et divulgation de l’identité d’un témoin protégé. Les audiences se sont tenues toute la semaine.
Par Elie Fagnaan
À la barre, le magistrat Antoine Kaboré a rejeté l’ensemble des accusations. Il dénonce des aveux obtenus sous la torture et des irrégularités de procédure.
Il affirme avoir été enlevé le 26 octobre 2025, puis « séquestré et torturé », évoquant des coups de fouet et des électrocutions. Il soutient n’avoir jamais été examiné par un médecin malgré ses demandes répétées.
Sur le fond, il conteste les qualifications retenues. Selon lui, les poursuites pour corruption ont été requalifiées en complicité de corruption sans qu’il puisse se défendre.
Concernant l’acceptation de cadeaux indus, il affirme que l’infraction n’a pas été maintenue. Il rejette également tout trafic d’influence, assurant n’avoir « aucun pouvoir » sur le président Méda.
Au sujet des faits de blanchiment, il évoque deux versions des montants qui lui auraient été imposées sous la contrainte, parlant d’un « scénario » fabriqué. Il nie tout échange d’argent avec les responsables cités.
Antoine Kaboré a aussi demandé la restitution de ses téléphones et de son ordinateur, ainsi que le dégel de son compte bancaire. Il a salué la conduite des débats et appelé les juges à statuer en toute indépendance.

