Des fidèles chrétiens de la Communauté chrétienne de base (CCB) Saint Jean-Paul II de Ouaga 2000 recevant la communion.
À la faveur de la messe de Pâques célébrée le 5 avril 2026 à la Communauté chrétienne de base (CCB) Saint Jean-Paul II de Ouaga 2000, dans la paroisse Notre-Dame des Apôtres de la Patte d’Oie, l’abbé Jacques Sidibé a centré son homélie sur le sens profond de la résurrection du Christ. Il a insisté sur l’importance de cette fête, qu’il qualifie de « fondement de la foi chrétienne ».
Par Elie Fagnaan
D’entrée de jeu, l’abbé Jacques Sidibé, vicaire général de l’archidiocèse de Ouagadougou, rappelle l’enjeu central de Pâques. « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine », souligne-t-il, en reprenant l’enseignement de saint Paul.
Pour lui, la résurrection constitue une nouvelle « inattendue, surprenante et explosive », qui dépasse la compréhension humaine.
L’abbé Sidibé revient sur le contexte de la mort de Jésus. À l’époque, explique-t-il, les autorités religieuses et politiques cherchaient à discréditer celui qui affirmait être le Fils de Dieu.
Sa crucifixion marquée par l’humiliation et le silence apparent de Dieu, semblait confirmer cette disqualification. « Jésus est mort comme un blasphémateur, abandonné, sans intervention divine », rappelle-t-il.
Mais, poursuit-il, la résurrection bouleverse cette lecture. Elle constitue « la signature de Dieu ». Selon l’homéliste, Dieu n’a pas empêché la mort de son Fils, mais l’a relevé d’entre les morts, transformant ainsi une défaite apparente en victoire.
Ce renversement donne un nouveau sens à l’histoire humaine. « Malgré les injustices et les péchés, le monde est déjà sauvé par la mort et la résurrection du Christ », affirme-t-il.
S’appuyant sur les textes bibliques du jour, il évoque le témoignage des apôtres. Saint Pierre, dans les Actes, retrace le parcours de Jésus « qui a fait le bien », avant d’être mis à mort puis ressuscité par Dieu.
L’Évangile quant à lui, rapporte la découverte du tombeau vide par Marie-Madeleine, suivie de Pierre et du disciple bien-aimé. Pour le prêtre, ces récits signifient que Jésus appartient désormais au monde divin.
Au-delà du récit, le vicaire général adresse une interpellation directe aux fidèles. Il invite chacun à examiner les fondements de sa vie.
« Nous planifions beaucoup, mais si notre vie n’est pas bâtie sur l’essentiel, tout peut s’effondrer », avertit-il. Selon lui, seul le Christ offre une base solide et durable.
Dans un monde en quête de solutions, y compris face à la mort, il met en garde contre certaines illusions modernes.
Il évoque notamment les pratiques technologiques visant à prolonger la vie humaine. « Le véritable remède à l’immortalité, c’est la résurrection du Christ », insiste-t-il, en appelant les chrétiens à redécouvrir leur foi.
L’homélie s’articule enfin autour de trois enseignements majeurs. D’abord, la résurrection est un motif d’espérance. Elle rappelle que Dieu a le dernier mot, même dans les situations les plus critiques.
Ensuite, le Christ accompagne chaque croyant jusque dans « l’ultime solitude » de la mort, là où nul proche ne peut suivre.
Enfin, les fidèles sont invités à « vivre des réalités d’en haut », en menant une vie inspirée par leur foi.
L’abbé Jacques Sidibé exhorte les chrétiens à devenir des « témoins du Ressuscité » dans leur quotidien.
Il appelle à raviver la foi et à vivre pleinement les engagements du baptême, dans une société en quête de repères.
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