Nnenna Ukoha, responsable des affaires publiques à la NCC
Au Nigeria, les abonnés des opérateurs télécoms pourront désormais être indemnisés lorsque la qualité des services fournis ne respecte pas les standards fixés dans certaines zones du pays. Cette mesure a été annoncée par la Nigerian Communications Commission (NCC) le dimanche 29 mars.
Par Yaniss Pognon
La mesure est consécutive à des plaintes «récurrentes des consommateurs nigérians, souvent relayées sur les réseaux sociaux.» Elle concerne la plupart du temps la mauvaise qualité des appels, les interruptions prolongées ou encore les ralentissements de l’Internet mobile.
Les autorités ont innové en adoptant une approche centrée sur le consommateur au lieu des traditionnelles amendes financières pour inciter les opérateurs à garantir une qualité de service optimale.
Dans son communiqué, la NCC indique que la compensation prendra la forme de crédits de communication dont le montant sera calculé en fonction des habitudes de consommation des abonnés.
Le calcul tiendra également compte de la présence de l’abonné dans les collectivités locales où des défaillances de service sont constatées, précise la NCC.
Les services de télécommunications ont un lien avec l’activité économique, les interactions sociales et l’accès aux opportunités numériques.
Nnenna Ukoha, responsable des affaires publiques à la NCC explique que «lorsque la qualité de service est médiocre, les conséquences affectent la productivité, les activités commerciales et même la confiance du public dans le système de communication.»
C’est pour cela qu’en janvier, le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani, a demandé au régulateur de prendre des mesures fermes contre les opérateurs.
L’agence ecofin cite la presse locale qui a relayé sur la NCC prévoyait une sanction de 12,4 milliards de nairas (8,95 millions $) pour manquements aux normes de qualité.
Mais au-delà, la NCC a publié en 2024 une nouvelle réglementation sur la qualité des services télécoms, définissant une cinquantaine d’indicateurs spécifiques que les opérateurs doivent respecter.
« Le non-respect de chaque indicateur expose l’opérateur à une sanction de 5 millions de nairas, avec une pénalité supplémentaire de 500 000 nairas par jour pendant toute la durée de l’infraction», rapporte ecofin.
L’incapacité ou le refus de fournir les informations demandées dans les délais impartis expose à une amende supplémentaire de 15 millions de nairas, assortie d’une pénalité journalière de 2 millions de nairas jusqu’à régularisation.

