Le Pr Serge Théophile Balima, enseignant-chercheur en sciences de l'information et de la communication à la retraite.
Le Colloque international et pluridisciplinaire en hommage au Professeur Serge Théophile Balima, a débuté le 6 novembre 2025 à l’Université Joseph Ki-Zerbo. La cérémonie d’ouverture présidée par le Président de l’Assemblée législative de Transition (ALT), Dr Ousmane Bougouma, est marquée par des discours, des témoignages et la dernière leçon du Professeur. A l’issue, quelques participants ont partagé leurs sentiments sur le professeur, ce baobab des sciences de l’information et de la communication en Afrique francophone.
Propos recueillis par Siébou Kansié
«Le professeur est quelqu’un qui vit pour le travail…», Dr Lacina Kaboré, Directeur de l’IPERMIC
Ce qui m’a le plus marqué, c’est la dernière leçon du Professeur, parce qu’il est revenu un peu sur la problématique qui nous intéresse dans le cadre de ce colloque.
C’est « est-ce qu’on sait former au journalisme et à la communication, est-ce qu’on doit former au journalisme et à la communication, est-ce qu’on peut former au journalisme et à la communication ? »
L’idée, c’est de nous éloigner un peu de tout ce qui est pratique incestueuse, qui mélange un peu l’information et la communication, pour nous appuyer, nous abreuver à la source de l’éthique de la communication, à l’éthique du journalisme, de manière à ce que les pratiques soient vertueuses. Mais au-delà de cet aspect, le second point qui m’a touché aussi, c’est la quantité et la qualité des personnalités dans la salle.
Vous avez Luc Adolphe Tia, qui a été Premier ministre, qui a été son collaborateur ; vous avez son épouse ; vous avez sa famille. Vous avez Alidou Ouédraogo qui n’est plus à présenter, un grand combattant de la justice dans ce pays ; le Pr Augustin Loada ; vous avez également, le monde de la presse. Les alumni sont venus en nombre. Cela constitue pour moi, des indicateurs de l’amour, du respect et de la considération qu’on a pour l’homme.

Mais au-delà de ça, il y a les enseignants. Vous avez vu la haie d’honneur qu’on lui a réservée en tant que ses disciples. C’est pour dire qu’en réalité, on aime le professeur. Si on l’aime, ce n’est pas pour rien, c’est parce qu’il nous a fait ; il nous a formés.
De mon point de vue c’est ça le vrai développement humain durable. Nous sommes arrivés dans cette université comme de simples étudiants, aujourd’hui, on a des thèses et on encadre des étudiants. Certains sont des grands communicants dans les grandes entreprises, des grands journalistes dans les grands organes de presse.
Le professeur est quelqu’un qui vit pour le travail, qui vit par le travail et qui travaille à faire en sorte que le travail nous permette d’avancer, dans un contexte qui n’est pas toujours facile.
Le Pr Serge Théophile Balima est l’Ancien Testament, parce que l’ancien testament c’est dur, l’ancien testament c’est la rigueur, l’ancien testament c’est se départir de tout ce qui est laxisme, tout ce qui est facilité.
L’un des grands services qu’il nous a rendu, l’un des grands héritages qu’il nous a légué, c’est le goût du travail bien fait, c’est le goût de la rigueur, c’est le goût du dépassement de soi-même, c’est le goût de l’engagement sans faille dans le travail. Parce que c’est le travail qui libère l’homme.
L’Ancien Testament est une image pour montrer que c’est un homme qui a été de façon saine, dur au sens noble du terme, parce que c’est cela qui nous permet aujourd’hui d’enseigner, de faire de la recherche, et c’est cela qui permet aussi à nos alumni sur le terrain, de pouvoir déplacer les montagnes, de pouvoir bouger les lignes, de travailler de manière à donner entière satisfaction à leurs employeurs.
Le Professeur est un homme qui vit pour le travail, c’est un homme de travail, c’est un homme qui a une puissance de travail au-delà de la moyenne nationale, et je crois que cela nous inspire au quotidien.
« J’ai une histoire personnelle avec le Pr Balima », Simon Gongo, journaliste présentateur à la RTB, ancien étudiant du Pr Serge Théophile Balima
L’émotion du professeur pendant sa dernière leçon m’a marqué. Il est quelqu’un de très aguerri, taquin. Le voir dans cette émotion, ça m’a touché.
Le Pr Serge Théophile Balima mérite bien cet hommage. Il s’est battu pour mettre en place un département qui profite à tout le monde, à nous tous. J’ai une histoire personnelle avec lui.
Quand j’étais étudiant, nous avions une salle en face du bureau du professeur. C’est un grand travailleur. Et donc, je lui ai dit, tant qu’il ne rentre pas, moi aussi, je suis là.
Je vais travailler jusqu’à ce qu’il parte et que moi aussi, je puisse rentrer. Je peux dire que cela m’a donné ce sens de travail acharné, d’organisation. Et ce matin, le revoir dans la salle véritablement fondant en larme parce que cet hommage lui est rendu, ça m’a touché.

J’ai retenu tous les mots qui lui ont été adressés à la fois au niveau des intervenants en salle que la vidéo qui a été projetée. Je pense que c’est tout l’homme qu’on a connu qui est vraiment dédié à faire avancer les sciences de l’information et la communication.
Le professeur est attaché à la formation et à l’humain. Il avait toujours un mot à l’endroit de chaque étudiant qu’il avait en face. Il vous pousse à vous surpasser et à donner le meilleur de vous-même. En un seul mot aujourd’hui, je lui dis « merci pour tout. » Un merci qui a tout son sens.
« Le Pr Serge Théophile Balima, …est un baobab », Pascal Yemboini Thiombiano, ancien Directeur général de la Radiotélévision du Burkina
« Le Pr Serge Théophile Balima, est un monument. C’est un baobab. On a des difficultés, de la peine pour résumer ce que le professeur a apporté au Burkina Faso dans le domaine notamment des médias, dans le domaine de l’information et de la communication. Il ne faut pas oublier qu’il a d’abord été un professionnel.
Il a été directeur de la télévision, il a été ministre de l’information et donc il a apporté énormément de manières pratiques.
A l’université, il a énormément apporté depuis des décennies. Ce sont des dizaines et des dizaines de promotions qui sont sorties de formations dirigées, orientées, organisées par le professeur Théophile Balima depuis le département des arts et communication et l’PERMIC.

Donc on peut retenir simplement que c’est un homme qui a apporté énormément au secteur de l’information et de la communication. Et moi, je salue cette initiative de lui rendre hommage.
Et nous ne pouvons, nous ses élèves, que lui souhaiter bon vent, bonne suite, paisible retraite. Mais surtout, nous souhaitons toujours profiter de son expérience.
Vous savez qu’un universitaire de son rang ne se repose pas, même étant à la retraite. Et donc, nous espérons que la jeune génération pourra donc s’abreuver à sa source. »
« Le Pr Balima est un homme d’une grande humilité », Issoufou Saré, Directeur général de la télévision privée BF1
« Ce qui m’a plus marqué, c’est l’intervention de sa fille qui disait que son père lui a dit : « Tu n’es pas maître des circonstances, mais tu es maître de comment tu gères les circonstances, de comment tu te comportes vis-à-vis des circonstances. Et ça, je crois que c’est une grosse leçon de vie pour tout un chacun, pour tout le monde.

Le Pr Balima est un homme d’une grande humilité. Si vous voulez aborder un sujet en sciences de l’information et de la communication avec le Pr Balima, il vous écoute religieusement avec attention, comme si c’est vous dispensiez le cours, comme si c’est vous qui aviez le savoir. Alors que vous savez qu’en matière de communication, le Pr Serge Théophile Balima est une grosse bibliothèque. J’apprécie sincèrement cette humilité. »
Avec Les Echos du Lamco

