La communauté universitaire de l’Université Yembila Abdoulaye Toguyéni en ampli pour un hommage au Dr Worondjilè Hien, enseignant-chercheur en histoire.
La communauté universitaire de l’Université Yembila Abdoulaye Toguyéni (UYAT) a rendu hommage, le vendredi 30 octobre 2026, au Dr Worondjilè Hien, enseignant-chercheur en histoire décédé le 29 octobre des suites de maladie. À 42 ans, cet historien spécialisé dans les questions religieuses laisse derrière lui, un parcours universitaire marqué par la recherche, l’enseignement et la transmission du savoir.
Par Elie Fagnaan
La cérémonie organisée à l’université de Fada N’Gourma, a réuni étudiants, collègues, responsables universitaires et membres de sa famille.
Quatre allocutions ont ponctué cet hommage. Le délégué des étudiants a salué un enseignant attentif et engagé. Ses collègues ont évoqué sa courtoisie, sa rigueur professionnelle et son sens du devoir.

La directrice de l’UFR Sciences humaines, Lettres, Arts et Communication (SH-LAC) a souligné la perte que représente sa disparition pour son unité.
Le président de l’UYAT, le professeur Samuel Ouoba, lui a également rendu hommage. La famille du défunt a exprimé sa gratitude à la communauté universitaire pour son soutien.
Un parcours d’enseignant et de rechercheur
Né en 1984 à Kampène, Worondjilè Hien avait obtenu, en décembre 2022, un doctorat en histoire des religions à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou.
Professeur d’histoire-géographie dans l’enseignement secondaire depuis 2012, il avait rejoint l’enseignement supérieur comme assistant au département d’Histoire et Archéologie de l’UYAT.
Ses recherches portaient notamment sur les religions, les traditions africaines et leur rapport au développement. Plusieurs de ses travaux ont été publiés dans des revues scientifiques.
En 2025, la revue Akiri a publié son étude consacrée à la religion et au progrès en Afrique, à travers l’initiation djôrô et le développement chez les Lobi et les Birifor.
Un intervenant régulier sur Reflet Info
Le Dr Worondjilè Hien intervenait fréquemment dans les colonnes de Reflet Info. Ses entretiens apportaient un éclairage historique sur les questions nationales et régionales.
En décembre 2024, il abordait les relations entre religions, développement et crise sécuritaire au Burkina Faso. Il évoquait également les difficultés des universités publiques et les enjeux de la transmission culturelle.
En mai 2025, à l’occasion de la Journée des coutumes et traditions, il analysait la place des pratiques traditionnelles dans la société burkinabè.
En juillet de la même année, il s’exprimait sur les religions et la sécurité, en interrogeant leur rôle dans la cohésion sociale.

Ses interventions ont également porté sur les relations entre le Burkina Faso et la France, ainsi que sur les attaques qui visent les pays de l’Alliance des États du Sahel.
Dans un entretien accordé à Reflet Info en décembre 2024 sur les dynamiques interreligieuses, il rappelait que « la clé doit rester la tolérance et l’acceptation de la différence ».
Dr Hien préparait son inscription sur la liste d’aptitude aux fonctions de maître-assistant du CAMES pour la session 2026. Ce projet témoigne de son ambition académique, interrompue par sa disparition.
« La mort emporte une vie, mais elle n’efface ni le savoir transmis, ni les œuvres accomplies, ni les souvenirs laissés dans les cœurs. », a écrit l’Université l’UYAT.

