Des enfants talibés formés aux métiers par Burkina Suudu Bawdè reçoivent leurs attestations.
Le Centre d’évaluation et de la formation professionnelle de Ouagadougou (CEFPO) de Burkina Suudu Bwadè, grâce à un partenariat avec la Direction Provinciale de l’Action Humanitaire et de la Solidarité Nationale, et au soutien du Secours Islamique France (SIF), a formé 30 enfants talibés dans plusieurs métiers. La cérémonie de fin de formation est intervenue le mardi 8 avril 2025 à Ouagadougou.
Par Jean Marc Kambou, collaborateur
Pendant 45 jours, des jeunes autrefois livrés à eux-mêmes dans la rue, ont bénéficié d’une formation intensive dans trois filières porteuses.
Ce sont : la coupe-couture, la menuiserie métallique et la mécanique automobile. La formation professionnalisante entamée le 6 janvier et achevée le 14 mars 2025, a été saluée comme une initiative prometteuse, jetant les bases d’une véritable inclusion sociale et professionnelle.

La cérémonie de clôture tenue au siège de BSB, a été ponctuée par la remise officielle des attestations de fin de formation. Un moment chargé d’émotion pour les jeunes bénéficiaires, les encadreurs, les partenaires techniques et les responsables institutionnels.
Dans son discours de bienvenue,Évariste Millogo, directeur interrégional 1 de BSB, a exprimé sa reconnaissance envers les acteurs impliqués, notamment le SIF.
« Ce sont des actes concrets de ce genre, qui boostent notre développement. Merci à Secours Islamique France pour leur rôle majeur dans cet élan d’offrir un espace d’inclusion aux enfants talibés », a-t-il déclaré.

La responsable de projet Éducation et Bien-être de l’enfant au sein de SIF, Zénabou Traoré, a réaffirmé l’engagement de son organisation à œuvrer pour une société plus inclusive.
« Ces enfants sont aussi des enfants du Burkina Faso. Personne ne doit être laissé de côté. Nous avons mené une étude préalable avec un cabinet spécialisé afin de cerner les aspirations de chaque enfant et leur proposer un métier en adéquation avec leurs intérêts », a-t-elle expliqué.
Elle a également annoncé que des stages pratiques suivis d’un appui en kits d’installation seront offerts afin de faciliter l’insertion socioprofessionnelle des jeunes formés.

Parmi les réalisations présentées lors de la cérémonie, des fourneaux métalliques, fruits du travail des apprenants, des habits cousus par les apprenants, témoignent de l’acquisition réelle des compétences.
Pour les formateurs, la mission n’a pas été sans défis, notamment la barrière linguistique, surmontée grâce à l’implication des interprètes.
Ali Diallo, a exprimé sa joie d’avoir quitté la mendicité dans la rue, pour apprendre un métier qui lui permettra de gagner dignement sa vie.
Ayant pour passion la mécanique automobile, il a été orienté à ce métier où il a suivi avec intérêt, la formation.

Il nourrit l’ambition de faire un stage dans un garage automobile pour affiner ses connaissances. « Je suis content d’avoir appris ce métier. Je souhaite faire un stage pour mieux maîtriser et m’insérer socialement. »
Le représentant des apprenants Amadou Derra, formé en menuiserie métallique, est reconnaissant envers tous ceux qui ont contribué à leur formation qu’il qualifie de « bénéfique. »

Cette initiative s’inscrit dans la mission continue de SIF, qui est de former pour transformer. Grâce à ce projet, ces enfants talibés autrefois sans repères, amorcent une trajectoire vers l’autonomie, la dignité et l’espoir.

