Des « Poessé », chargés de la justice dans la cour royale, venus des différents royaumes mossi, ont rendu visite le dimanche 27 avril 2025, au Poé Naaba, chef du village de Gogo, situé dans la commune de Komsilga, province du Kadiogo, région du Centre. Objectif, communier avec leur hôte à l’occasion de sa fête coutumière célébrée annuellement.
Dans le village de Gogo qui a vu naître le célèbre artiste musicien Georges Ouédraogo, un événement coutumier draine les bonnets rouges.
Une piste rurale débouche sur la cour royale du Poé Naaba. De nombreux véhicules sont stationnés autour.
Sous un soleil à plomb, une foule nombreuse composée d’hommes, de femmes et d’enfants envahissent la cour.

Des tam-tams résonnent. Des louanges et des cris de joie électrisent tout le palais. C’est la célébration de la fête coutumière du Poé Naaba de Gogo qui se fait annuellement.
Mobilisation des chefs coutumiers des autres localités
Des chefs coutumiers issus de différentes familles des « Poessé » à l’échelle des royaumes mossi, sont accueillis sous le hangar royal.
Ils sont venus de diverses localités du pays : Bazoulé (Kadiogo), Loumbila (Oubritenga), Manga (Zoundweogo), Pouytenga (Kouritenga), Tenkodogo (Boulgou), Villy (Bulkiemdé), Zergongo (Ganzourgou). La délégation a été conduite par un représentant de la grande royale.
Cette visite s’effectue annuellement à l’occasion de cette fête traditionnelle. Joel Bonkoungou, un membre de la délégation assiste à cette édition, il y a très longtemps. Il est satisfait de la mobilisation.

Il situe l’objectif de leur visite. « La famille des « Poessé » est venue présenter leurs vœux de nouvel an, au Poé Naaba, chef coutumier de Gogo. »
« Nous devons savoir que nous avons le devoir de participer aux cérémonies organisées par nos chefs coutumiers en lien avec la tradition, les us et coutumes », rappelle-t-il.
« Nous nous unissions pour triompher le mal qui secoue le pays »
Dans la délégation, l’on aperçoit le Poé Naaba Saonré de Manga. Il est ravi au nom de l’amour fraternel, de participer à l’événement aux côtés des autres chefs.
« Nous sommes venus honorer le Poé Naaba de Gogo et souhaiter le retour de la paix à l’ensemble du pays », déclare-t-il, insistant sur l’élan de la fraternité qui a guidé leur visite. « Nous nous unissions pour triompher le mal qui secoue le pays « , ajoute-t-il.

Annuellement, les différents membres de cette tribu se retrouvent à l’occasion de cette fête coutumière pour se ressourcer et faire renaître leur culture et tradition.
Le Poé Naaba de Gogo se dit comblé. « C’est une tradition qui existait depuis nos ancêtres. Mais, avec l’envahissement de la civilisation occidentale et la modernité, certains observaient le retrait et la prudence. Maintenant, tout renait. La tradition qui tendait vers la disparition, réapparait de jours en jours », dit-il satisfait.

Il félicite et remercie les différentes délégations tout en souhaitant l’union sacrée des Poessé.
Au Burkina Faso, il y a 333 familles de « Poéssé » éparpillées à travers le pays. Dans l’opinion générale des membres de cette famille, « Les Poessé ne se marient pas entre eux. Ils sont uniques à leur genre ».

