Le président russe Vladimir Poutine.
Le président russe Vladimir Poutine, a plaidé pour une coopération économique accrue avec l’Afrique et une meilleure représentation du continent dans les institutions financières internationales, le mercredi 28 octobre 2026, à l’ouverture du troisième Forum économique et humanitaire Russie-Afrique, à Moscou. Il a également évoqué la dette africaine en faisant référence à une déclaration attribuée à l’ancien président burkinabè Thomas Sankara.
Par Elie Fagnaan
Devant les délégations africaines dont celle du Burkina conduite par le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo, le dirigeant russe a défendu l’émergence d’un monde multipolaire dans lequel les États africains pourraient davantage maîtriser leurs choix économiques.
Il a notamment dénoncé les conditions d’endettement qui, selon lui, freinent le financement du développement.
Il a plaidé pour une place accrue de l’Afrique au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale. Ces positions figurent parmi les principaux axes de son intervention à Moscou.
Pour illustrer son propos sur la dette, Vladimir Poutine a évoqué la pensée de Thomas Sankara sur la dette, exprimée en 1987 selon un post de la Primature burkinabè. « La dette, c’est encore le néocolonialisme, où les colonialistes se sont transformés en assistants techniques. »
La citation rappelle les débats engagés depuis plusieurs décennies sur l’endettement extérieur et l’autonomie économique des pays africains.
Le président russe a également présenté plusieurs domaines dans lesquels Moscou souhaite développer ses relations avec les pays africains.
L’énergie, l’agriculture, l’industrie, la santé, l’éducation et les technologies numériques figurent parmi les domaines concernés.
Il a évoqué le partage de compétences et la localisation de la production, avec l’objectif affiché de soutenir les capacités économiques du continent.
Le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, a, pour sa part, insisté sur la nécessité de traduire les engagements politiques en résultats concrets.
Il a défendu la transformation locale des ressources, la création d’emplois et les transferts de compétences.
La diversification des échanges, les infrastructures et l’industrialisation figurent également parmi les priorités évoquées.
Au Burkina Faso, la référence à Thomas Sankara fait écho aux débats sur la souveraineté économique et la valorisation des ressources nationales.
Mais les effets concrets des partenariats annoncés, dépendront des projets retenus, de leur financement et de leur mise en œuvre.
La séance d’ouverture s’est achevée par une visite d’exposition consacrée aux technologies russes dans plusieurs secteurs économiques, rapporte la Direction de la communication et des relations avec la presse de la Primature du Burkina Faso (DCRP/Primature).

