Hamidou Sawadogo est un colleur de chambres à air et de pneus à Kaya.
Hamidou Sawadogo est un vulcanisateur (colleur de chambres à air et de pneus) à Kaya. Installé à proximité de la route nationale (RN) 3, au secteur 6, il exerce avec sérieux, le métier qu’il a hérité de son oncle. Discret, il est pourtant reconnu dans la cité du cuir à cause de la qualité de son travail.
3 mai 2025, 9h15. La température à Kaya, est encore clémente. Dans un atelier de vulcanisation, un homme vêtu d’un complet rose coiffé d’un kufi vert, est noyé entre les pneus de véhicule parqués.
Quadragénaire presque, il monte le pneu d’une motocyclette. Il vient de le réparer. En face de lui, une porte entrouverte où saillit la tête d’une machine à air qui vrombit.
Nous sommes au garage de Hamidou Sawadogo, “le vulcanisateur propre” de Kaya. Il valorise un métier encore sous-estimé, pourtant rentable : le colleur de chambres à air ou de pneu.

Entre le collage et Hamidou, c’est une question d’engagement qu’il s’efforce de ne pas trahir. Son travail consiste à la vente des pneus, au colmatage des crevaisons, au montage et au démontage des pneus.
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L’homme s’intéresse aux semelles des autos et motos, pour ne pas dire aux pneus depuis 2003. Il pratique ce métier avec passion.
“Je vis de ce métier. Je n’ai pas honte de me présenter comme vulcanisateur. Je ne porte pas non plus des haillons pour travailler. En bien collant les pneus de mes clients, je sais que je leur fais du bien. Même s’il y a la contrepartie.”, dit-il fièrement.
« Avant on collait avec du pétrole »,Hamidou Sawadogo
De 2003 à 2025, Hamidou Sawadogo cumule deux décennies d’expériences dans ce métier. Il a été témoin des grandes évolutions dans le collage.
En face du micro, la tête légèrement inclinée, il remonte le temps. “Avant, on collait les chambres à air avec du pétrole. Mais ce produit se fait rare. Nous utilisons de nos jours, d’autres moyens plus modernes.” Il dit pratiquer maintenant, le collage à chaud utilisant de l’électricité plus du fer.
A l’écouter, ces nouvelles méthodes de collage permettent de gagner en temps. Elles offrent plus de facilités.
Parmi ces outils, il y a par exemple, le compresseur qui assure le gonflage rapide des pneus tout en contrôlant la pression. Cela permet de réduire les risques liés au sur-gonflage avec en toile de fond, l’éclatement.
Le collage de pneus et de chambres à air, un métier qui nourrit son homme
Hamidou Sawadogo est la preuve que le collage est un travail rentable. Après 22 ans de carrière dans ce métier, il tire un bilan satisfaisant sur le plan économique.
« Ce métier rapporte beaucoup. Je me suis offert un engin dans ce travail. J’ai aujourd’hui une femme et quatre enfants. C’est le travail qui me permet de bien les entretenir. J’ai aussi construit une cour grâce à ce métier. », soutient-il avec un air de fierté.
Il affiche l’allure d’un homme qui tire son épingle du jeu. Sans langue de bois, il reconnait l’affluence dont bénéficie son atelier. Il est installé en face de la RN3, route Kaya-Dori et beaucoup de routiers sollicitent son expertise.

« Mes principaux clients sont les conducteurs des gros camions comme les remorques et les camions-dix tonnes. Mais, j’ai entrepris aussi la vente des pneus de ces gros porteurs », confie-t-il.
Interrogé sur le nombre de clients reçus par jour, l’ami des routiers estime à 40, la moyenne. Également, il dit associer à ce métier, le lavage des engins qui lui rapportent pareillement des sous.
Une innombrable clientèle acquise dans le sérieux
Les clients ne désemplissent pas dans l’atelier de Hamidou Sawadogo. Grâce au collage, il est un homme bien connu dans la ville des brochettes et du Koura-Koura.
Il a acquis cette forte audience de par son sérieux et la qualité des services offerts. Barkié Ouédraogo est l’un de ses fidèles clients.
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A l’en croire, il fréquente l’atelier de Hamidou depuis une dizaine année. Il repart toujours satisfait des services de M. Sawadogo.
« C’est un colleur pas comme les autres. Il est sérieux dans son travail. Ça fait presque vingt ans que je le fréquente. De là où il s’installait seulement, je le suivais », témoigne le client Barkié Ouédraogo.
Sur sa longue liste, figure des clients satisfaits comme Moussa Belemviré. Nous le trouvons sur place en train de faire coller la chambre à air de sa moto.
Lui également, loue le professionnalisme de l’homme qui fait du collage son gagne-pain. Il rejoint le premier interviewé en ces termes : « Il était à proximité du marché et on appréciait son travail. Quand il est venu ici, nous l’avons encore suivi puisqu’il fait du bon travail ».
Pour donner plus d’ampleur à son activité Hamidou entend se lancer dans la vente des pièces à véhicules automobiles et se procurer du matériel de travail plus moderne.

