Le Burkina Faso fait face à une forte pression sur ses finances liées à la subvention du gasoil (gouvernement).
Le Burkina Faso fait face à une forte pression sur ses finances liées à la subvention du gasoil. Abdou-Salam Gampéné, secrétaire général de la Primature et président du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures, a expliqué à la RTB le 9 août 2026, que le maintien du litre à 675 FCFA devient de plus en plus difficile.
Par Elie Fagnaan
Au journal télévisé de 20 heures de la Télévision nationale du Burkina (RTB), le secrétaire général de la Primature a expliqué les raisons qui ont conduit à une révision à la hausse du prix du gasoil.
Le prix du gasoil est fixé à 675 FCFA depuis août 2022. Depuis cette date, il n’a pas été réajusté, malgré les fluctuations enregistrées sur le marché international. Cette stabilité a été rendue possible grâce aux subventions de l’État.
Mais cette politique est désormais soumise à de fortes contraintes. En 2026, les crises au Moyen-Orient ont contribué à la hausse du cours du pétrole brut.
Les coûts de transport terrestre et maritime ont également augmenté. À cela, s’ajoute l’appréciation du dollar face au franc CFA.
Ces facteurs ont fortement renchéri le coût réel du gasoil importé. À un moment donné, celui-ci atteignait environ 1 050 FCFA le litre. L’écart avec le prix à la pompe est alors supporté par l’État.
Selon Abdou-Salam Gampéné, les subventions accordées au gasoil ont représenté environ 60 milliards de FCFA de moins-values en seulement six mois.
Si la tendance se poursuit, ce montant pourrait atteindre ou dépasser 135 milliards de FCFA à la fin de l’année.
À cette pression financière, s’ajoute l’augmentation de la consommation de gasoil au Burkina Faso.
Le prix de 675 FCFA reste inférieur à celui pratiqué dans la plupart des pays voisins, notamment au Togo, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Sénégal et au Ghana.
Cette différence de prix attire des transporteurs étrangers. Certains viennent s’approvisionner au Burkina Faso et repartent avec des réserves. En juin 2026, la consommation avait déjà dépassé 365 millions de litres.
À ce rythme, elle pourrait franchir 730 millions de litres avant la fin de l’année, contre une consommation nationale moyenne estimée à 500 millions de litres.
Le surplus évalué à plus de 230 millions de litres, ne correspondrait donc pas aux besoins des consommateurs burkinabè.
Pour le responsable, cette situation revient à faire supporter au budget national une partie du coût du carburant consommé dans les pays voisins. Ces 230 millions de litres représentent environ 70 milliards de FCFA.
Abdou-Salam Gampéné estime ainsi qu’une action devient nécessaire pour préserver les finances de la Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY) et garantir la continuité de l’approvisionnement. Car « une rupture de gasoil a des conséquences incalculables », a-t-il averti.

