Lassané Rouamba, étudiant en licence d’études germaniques à l’Université Joseph Ki-Zerbo, a inventé le syllabaire Rouamba qui répond aux spécificités phonétiques des langues à ton. C’est un système d’écriture qui permet de faire la transcription des langues nationales burkinabè.
Par Yaniss Pognon
Selon son inventeur que cite l’AIB, le syllabaire Rouamba ne comporte pas de voyelles autonomes.
L’auteur de l’invention a expliqué dans une interview accordée, le 9 septembre 2025, à Sidwaya, le quotidien de service public, que son «invention cherche à résoudre la problématique de la transcription des langues nationales.»
Il a indiqué que les langues nationales rencontrent des difficultés de transcription avec l’alphabet latin.
De ce fait, a-t-il insisté, les langues nationales étant des langues de ton, un «mot mal prononcé peut signifier autre chose»
Toute chose, a-t-il dit dans l’interview, qui l’a poussé à mettre au point un système différent des alphabets.
«Il s’agit d’une écriture syllabique, adaptée spécifiquement à la transcription des langues à ton», a-t-il mentionné.
Selon Lassané Rouamba, son syllabaire est tiré des images, des objets utilisés dans la culture burkinabè au quotidien.
Lors de la présentation de son invention le jeudi 22 janvier 2026, l’AIB fait ressortir que selon l’auteur du syllabaire, le système qu’il a mis en place ne comporte pas de voyelles autonomes.
Il ne saurait en être autrement puisque le 9 septembre 2025, il expliquait dans le quotidien Sidwaya que l’écriture en Afrique et au Burkina Faso n’a pas de voyelle spécifique.
Il a affirmé que « notre écriture n’est faite que des consonnes accompagnées de signes diacritiques pour donner des sons». D’où sa conclusion: «Notre écriture est un syllabaire.»
Il est créé à l’instar des systèmes chinois, arabe ou éthiopien pour «communiquer avec le reste du monde à travers une écriture authentiquement locale»
Citant son auteur, l’AIB écrit que le syllabaire Rouamba vise à «valoriser la culture nationale» à travers le mooré, dioula, fulfuldé et d’autres langues nationales. Il existe déjà un centre d’apprentissage dans lequel, on peut se former en trois semaines et une « vingtaine d’apprenants maîtrisent déjà le système Rouamba».
Cette innovation a été saluée par l’enseignant-chercheur, Ouseni Soré, du département des sciences du langage de l’Université Joseph Ki-Zerbo.
Il l’a d’ailleurs qualifiée d’« innovation majeure, authentiquement burkinabè »

