La Direction générale des Services vétérinaires (DGSV) tient un atelier sur la vulgarisation du nouveau décret.
La Direction générale des Services vétérinaires (DGSV) a organisé le vendredi 2 octobre 2026 à Ouagadougou, un atelier consacré à la vulgarisation du nouveau décret réglementant l’abattage, les mouvements intérieurs et l’exportation des asins, camelins, équins et de leurs produits. L’objectif est de renforcer l’application du texte et de mieux protéger le cheptel national face au trafic.
Les travaux ont réuni des représentants de l’administration, des Forces de défense et de sécurité, des acteurs du secteur, des organisations partenaires et des autorités coutumières.
Le nouveau dispositif qui découle du décret 0826 du 17 juillet 2026, renforce l’arsenal juridique burkinabè en matière de protection des asins, camelins et équins menacés par un trafic international croissant.
Elle permettra également de contrer des années de contournements successifs. En effet, après l’interdiction d’exportation des ânes en 2016, les trafiquants ont adapté leurs méthodes qui contraignent les autorités à durcir le dispositif en 2019, puis à adopter ce nouveau décret en 2026.
Face à l’insuffisance des textes précédents, les réseaux criminels ont développé le convoyage massif d’animaux sur pied et le contournement des postes de contrôle.

Le présent atelier vise à vulgariser le texte et permettre aux acteurs de s’approprier ledit texte aux innovations majeures.
En effet, il introduit des mesures strictes comme l’obligation d’autorisation préalable pour tout déplacement intérieur, la limitation des mouvements à cinq têtes, l’ instauration d’un agrément obligatoire pour les commerçants, et la clarification des modalités de confiscation des animaux saisis au profit de l’État. En termes clairs ,l ‘interdiction absolue d’exportation est réaffirmée.
La cérémonie d’ouverture de cet atelier de sensibilisation a été présidée par le camarade Hubert Boussini, conseiller technique du ministre chargé des ressources animales, représentant le ministre délégué.
Dans son discours, il a souligné que « cette souveraineté commande la protection absolue de nos ressources stratégiques ». Il a aussi appelé les Forces de Défense et de Sécurité, à intercepter systématiquement tout transport suspect de plus de cinq têtes sans documents sanitaires.

L’adoption de cette loi s’inscrit dans une dynamique économique et sociale. Des ONG partenaires accompagnent l’action gouvernementale pour la préservation et la sauvegarde de ces espèces.
Emmanuel Bouré Sarr, représentant l’ONG Brooke Afrique de l’Ouest, a rappelé le rôle vital des équidés dans l’économie rurale et urbaine, notamment pour le transport et les activités agricoles des familles vulnérables.
Il a salué une réglementation intervenant dans un contexte régional marqué par la recrudescence du vol de bétail, une criminalité transfrontalière coûtant des milliards de francs CFA aux pays de la sous-région.

Parmi les participants, figurent des chefs coutumiers qui s’engagent à relayer la sensibilisation. Le chef de Wamtenga de Saaba félicite les autorités pour cette vision.
Pour lui, « nous utilisons les ânes dans nos activités quotidiennes de ménage. Il n’est pas intéressant de tout vendre et nous plonger dans la misère. Nous prenons en compte les sensibilisations et une fois de retour nous allons nous y investir pour une meilleure sensibilisation auprès de nos paires».

Hubert Boussini, lui, termine par un appel « Protéger nos ânes et nos chevaux, c’est protéger l’avenir de nos villages et notre souveraineté agricole ».

