Président du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno.
La plateforme GCAP dénonce une « atteinte à la démocratie » après le vote, début octobre, de la révision constitutionnelle, qui ouvre la voie à un maintien indéfini au pouvoir, du Président Mahamat Idriss Déby Itno.
Par Jean Marc Kambou, collaborateur
Les partis politiques membres du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), plateforme de l’opposition, ont annoncé le mercredi 22 octobre 2025, leur « retrait politique (…) d’ici à fin octobre » et la suspension de « toutes les activités politiques sur le plan national jusqu’à ce que (…) les droits reconnus à l’opposition soient rétablis, respectés et garantis ».
Alors qu’on amorçait le mois d’octobre 2025, une révision constitutionnelle établissant un mandat présidentiel de sept ans renouvelables sans limite, a été votée à une majorité écrasante par le Parlement.
Un peu moins de deux ans après l’adoption par référendum de la Constitution, cette nouvelle mouture est autoritaire et contraire au jeu démocratique selon l’opposition. Elle ouvre la voie à un maintien indéfini au pouvoir, du président Mahamat Idriss Déby Itno.
Dans un communiqué lu lors d’une conférence de presse mercredi, Max Kemkoye, le porte-parole du GCAP, a dénoncé l’« atteinte à la démocratie » qui transforme le Tchad en une « propriété politique au service d’un homme et de son système ».
Et ce, notamment à travers la levée de l’incompatibilité des fonctions de chef de l’État avec des activités au sein d’un parti politique alors que Mahamat Idriss Déby Itno avait été désigné président du Mouvement pour le salut (MPS) en janvier 2025.
La plateforme dénonce aussi un « climat de terreur », des « intimidations » et des « menaces » alimentés par des interdictions de rassemblements et de manifestations par les services de renseignements tchadiens.
Pour souvenance, Succès Masra, ancien Premier ministre du Tchad et principal dirigeant de l’opposition, a notamment été condamné à 20 ans de prison pour diffusion de message à caractère « haineux et xénophobe » et pour « complicité de meurtre » à l’issue d’un procès jugé expéditif, selon l’AFP.

