Le ministère de l’Enseignement Secondaire, de la Formation Professionnelle et Technique, à travers Burkina Suudu Bawdè (BSB), la Maison des Compétences du Burkina, a lancé le vendredi 2 mai 2025 à Ouagadougou, la première édition du Salon des Métiers et de l’Orientation Scolaire et Professionnelle (SAMOSP). L’initiative vise à valoriser la compétence des jeunes et à faciliter leur insertion professionnelle.
Par Jaabire Bancé
La première édition du Salon des Métiers et de l’Orientation Scolaire et Professionnelle (SAMOSP), s’est officiellement ouverte sous le thème : « Défis de l’industrialisation et de l’autosuffisance alimentaire du Burkina Faso : dans quels métiers former pour y répondre ? » L’événement se déroule jusqu’au 4 mai 2025.
Présidée par le ministre de l’Administration territoriale, représentant le Premier ministre, la cérémonie de lancement a été marquée par une forte mobilisation des autorités administratives, coutumières, religieuses et un grand nombre de jeunes.

Dans le discours lu au nom du chef du gouvernement, le ministre d’État Émile Zerbo a d’emblée, exprimé sa satisfaction quant à la tenue de cette première édition du SAMOSP. Il la considère comme une preuve concrète de l’engagement du Gouvernement pour une jeunesse burkinabè compétente, épanouie et actrice du développement national.
Le ministre d’Etat a salué l’initiative du ministère de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, mise en œuvre par Burkina Suudu Bawdè, la Maison des Compétences du Burkina.
Pour lui, ce salon s’inscrit pleinement dans la dynamique d’une transformation économique durable, notamment à travers la promotion des métiers techniques et professionnels.
Il a tenu à rappeler que « dans un monde en perpétuelle mutation, la formation professionnelle est un levier incontournable pour la compétitivité des économies et la résilience des sociétés ».
“Il est temps de briser les stéréotypes sur la formation professionnelle ”, (Emile Zerbo)
Revenant sur les perceptions négatives autour des métiers techniques et manuels, il a indiqué qu’il est temps de briser les stéréotypes “encore trop présents, qui relèguent la formation professionnelle au second choix.”
Le réprésentant de Jean Emmanuel Ouédraogo, a invité la jeunesse à comprendre qu’un “plombier, un soudeur, un développeur informatique ou un technicien agricole est tout aussi utile à la Nation qu’un ingénieur ou un juriste”.
Le ministre a également mis en lumière le potentiel démographique du pays : « Selon les données du dernier recensement, les jeunes représentent plus de 77 % de la population », a-t-il souligné.

Toutefois, il a noté que cette jeunesse, bien qu’ambitieuse, « fait face à des réalités préoccupantes : le chômage, le sous-emploi, et un système de formation encore peu adapté aux exigences du marché ».
Face à ce constat, il a affirmé que des réformes structurantes sont en cours, parmi lesquelles figure la création de Burkina Suudu Bawdè. « Elle marque notre volonté d’offrir à chaque jeune Burkinabè un accompagnement sérieux, des formations utiles, et une orientation éclairée », a-t-il précisé.
Le SAMOSP, une réponse à la problématique des jeunes diplômés en quête de repères
Par ailleurs, le ministre a annoncé une orientation nouvelle dans la politique éducative du pays : « Nous avons assigné au MESFPT l’objectif d’inverser la tendance actuelle dominée par l’enseignement général. Cela consistera à terme à obtenir 60 % d’enseignement et de formation techniques et professionnels, contre 40 % pour l’enseignement général. »
Il a expliqué que « le SAMOSP se veut un espace de dialogue, de découverte et d’opportunités », permettant de valoriser les métiers porteurs, de connecter les jeunes au monde du travail et de renforcer les relations entre centres de formation et entreprises.
Le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, le Dr Boubakar Savadogo, estime que ce salon constitue une réponse concrète à la problématique des jeunes diplômés en quête de repères professionnels.
« Beaucoup de personnes poursuivent de longues études, mais au final, elles ne savent pas ce qu’elles veulent faire », a-t-il déploré, plaidant pour une redéfinition des parcours de formation, davantage alignés sur les besoins réels du pays.

Il a, par ailleurs, rappelé les grandes ambitions du gouvernement en matière de développement économique : « Le Président du Faso a engagé le pays sur la voie de l’industrialisation. Plusieurs usines sont en cours de mise en place, et cela exige des compétences techniques spécifiques. D’où l’urgence d’orienter les jeunes vers des métiers utiles à l’industrialisation et à la souveraineté nationale. »
Prenant la parole au nom des parrains, Mamady Sanoh a, quant à lui, souligné l’importance du lien entre formation et emploi. « Il n’y a pas de développement sans compétences, pas de souveraineté sans métiers, pas de transformation structurelle sans main-d’œuvre qualifiée », a-t-il affirmé.
À l’occasion du salon, plusieurs écoles de formation professionnelle ont mis en lumière leur savoir-faire à travers des démonstrations pratiques et des innovations techniques.
C’est dans ce cadre que Lamine Zango, formateur en électromécanique au Centre de Formation Professionnelle Industrielle de la Modulation, a présenté une machine mécatronique conçue par ses apprenants.

« Pour cette exposition, nous avons présenté une machine mécatronique, c’est-à-dire, un dispositif qui combine automatisme et mécanique pour exécuter des tâches de tri », a-t-il expliqué.
Et de préciser : « En termes simples, cette machine, bien qu’à vocation didactique, peut être adaptée à l’industrie, notamment dans les usines d’eaux minérales. Elle permet de trier les bouteilles correctement étiquetées de celles qui le sont mal ou pas du tout, afin de les rediriger vers un processus de correction. »
Zango Lamine a souligné que ce projet est le fruit d’un assemblage de compétences acquises au fil de la formation.

