Le procès de Yé Yaké Camille et de ses co-prévenus s’est poursuivi, au tribunal de grande instance de ouaga2, ce mardi 3 mars 2026 avec la suite de l’audition du témoin Adama Ramiba, gestionnaire impliqué dans les contrats de fourniture de carburant au ministère chargé de la Femme.
Par Aminata Sankara
Pour la suite de son audition, monsieur Adama Ramiba a expliqué la procédure en matière d’établissement des bordereaux en indiquant que c’est la structure qui livre le carburant qui établit les bordereaux de livraison. Rejetant ainsi l’idée que c’est le ministère qui les établit.
Par conséquent, « c’est la structure qui a livré qui peut dire que tel bordereau est rattaché à tel marché», a-t-il ajouté.
Lors de son audition devant le tribunal, il a dit avoir signé plusieurs bordereaux mais en ce qui concerne le marché de 115 millions F CFA, il a reconnu n’avoir signé qu’un seul bordereau de 10 millions F CFA, établi par avance.
Il a également dit qu’en 2018 lors du passage de l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), « aucun manquement n’avait été relevé dans ma caisse ».
De ce fait, j’avais remis le dossier au Directeur de l’administration et des finances (DAF), Billa Pasco, pour vérification avant le contrôle de l’ASCE-LC : « J’ai cru que le DAF avait complété le dossier avec d’autres pièces », a-t-il précisé.
Adama Ramiba a également expliqué que « lorsque le prévenu Billa Pasco a pris ses fonctions le 29 mars 2017, une partie du carburant était encore chez le fournisseur ».
Selon lui, le ministère pouvait signer un bordereau de livraison sans avoir été effectivement ravitaillé. « C’est après paiement que le fournisseur livre maintenant le carburant même si le ministère avait déjà signé pour reconnaître qu’il a reçu du carburant », a-t-il ajouté.
Pour l’avocat du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), le débat reste entier dossier quant au rattachement précis des bordereaux aux contrats.
« Tant que les bordereaux de livraison ne sont pas clairement rattachés à chaque contrat, il sera difficile de tirer des conclusions», a-t-il soutenu. Il a donc demandé que le prestataire, la société Pluf, précise quel bordereau se rapporte à quel contrat.»

