Ouagadougou, la capitale burkinabè fait face à une pénurie de gaz butane. Les files d’attente s’allongent devant les dépôts. Les ménages peinent à se ravitailler. Pourtant, la Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY), affirme que le gaz est disponible en quantité suffisante. Une sortie de la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF), a permis de comprendre la situation.
Par Yaniss Pognon
Une opération de contrôle a permis de découvrir une pratique indue, le lundi 19 janvier 2026. En effet, la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF), a découvert des stocks de gaz dissimulés dans des entrepôts.
Des bonbonnes y étaient volontairement mises à l’écart, pour alimenter un marché parallèle à des prix élevés, selon la BMCRF.
La descente de la structure de contrôle visait à mettre fin à la spéculation et aux pratiques frauduleuses dans la distribution du gaz butane.
A l’issue de la sortie de contrôle, les contrôleurs ont dénoncé des manœuvres qui créent artificiellement la rareté.
Quelques jours plus tôt, le mardi 13 janvier 2026, la SONABHY avait pourtant rassuré qu’il n’y a pas de problème de stock.
Au dépôt de Bingo, son directeur, Jonas Sango, a été formel. « Il n’y a aucun problème de stockage ni de sortie de gaz », déclarait-il à Sidwaya. Pourtant sur le marché, il y a manque.
Jonas Sango a expliqué que face à une forte demande en fin d’année 2025, la SONABHY a renforcé sa production.
Les sorties quotidiennes sont passées de 400 à plus de 600 tonnes. Un pic de 695 tonnes a été enregistré en décembre 2025. Sur l’année, la production a progressé de 18 %.
Mais la distribution échappe en partie, à la nationale des hydrocarbures. « Nous ne livrons pas directement aux consommateurs », précise Jonas Sango.
Pris en flagrant délit, certains distributeurs selon le département du contrôle de la concurrence et des prix, ont tenté de se justifier en évoquant une supposée « consignation » des bouteilles par des consommateurs.
Mais avant d’être confisqué, une partie du stock a été mise à la disposition des consommateurs présents sur les lieux, ont indiqué les services de contrôle.
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Voilà ce qui explique ce manque