Le Nigéria est le premier producteur agricole d’Afrique de l’Ouest, alors que l’inflation alimentaire pèse sur les ménages. Un paradoxe inquiétant qui s’explique par le manque d’infrastructures de la chaîne du froid qui fait de ce pays, l’un des plus exposés aux pertes post-récoltes.
Par Yaniss Pognon
En 2025, le Nigéria a perdu 30 à 40 millions de tonnes de denrées alimentaires qui sont des produits déjà cultivés prêts à être commercialisés.
Ce sont des chiffres fournis par l’Organisation pour la promotion technologique de la chaîne du froid en Afrique de l’Ouest, relayés par plusieurs médias locaux.
Ce qui représente, poursuit l’organisation, une perte évaluée entre 2,3 et 3,3 milliards de dollars, soit 836 milliards FCFA. Dans le même temps, les populations souffrent de nourriture.
Un paradoxe qui s’explique par le manque d’infrastructures de la chaîne du froid. Pas de transports frigorifiques adéquats ni d’entrepôts inadaptés, encore moins de plateformes modernes de regroupement.
La rupture de la chaîne thermique se traduit par une détérioration rapide des produits périssables qui doivent quitter les villages pour les villes. Le résultat immédiat est la cherté de la vie qui dénote de la hausse des prix alimentaires en zone urbaine.
Au bout du rouleau, tout le monde perd. Les producteurs qui ont investi dans les intrants et la logistique ne rentabilisent pas leurs investissements. Les denrées alimentaires coûtent chères en ville. Dans les villages, la période de soudure devient difficile à supporter. Les emplois indirects sont fragilisés et les recettes fiscales inexistantes.
L’équipement en infrastructures de la chaîne du froid devient une nécessité sinon le pays continuera de produire beaucoup pour perdre presque autant. Une réforme structurelle s’impose.

