Lors du lancement de la 3e édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne, le Chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, a livré un message qui porte sur le changement des habitudes sur fond de consommation et de promotion des produits locaux. C’était ce jeudi 26 mars 2026 à Ouagadougou.
Par Yaniss Pognon
« Observons ce que nous mangeons. Que voyons-nous ? Du riz ayant traversé les océans ? […] Du lait en poudre importé ? », a lancé le Chef de l’État avant d’inviter ses compatriotes à porter un regard critique sur leur alimentation.
Selon lui, la dépendance alimentaire est une forme d’impérialisme et il ne faut pas aller chercher seulement l’impérialisme dans les livres d’histoire.« Il est également présent dans nos assiettes», a affirmé le Chef de l’État qui met en exergue les « grains de riz, de maïs, de mil importés que nous mangeons.» Pour lui, «c’est de l’impérialisme.»
Il a également évoqué la conséquence des importations sur la production nationale. « Ce grain de riz importé […] inonde nos marchés pendant que les récoltes […] pourrissent faute de débouchés », a-t-il dénoncé.
Il n’a pas manqué de dénoncer les commerçants véreux qui empruntent des circuits frauduleux pour importer des produits de grande consommation au détriment de notre production locale.
Face à cela, le président du Faso a appelé à « un sursaut patriotique » pour faire des points de vente « des espaces où la production locale est reine ».
«L’ère de la honte de nos produits est terminée»
« On nous a fait croire que ce qui vient de loin est meilleur », a-t-il regretté tout en insistant que « le temps du conditionnement mental est révolu » et que « l’ère de la honte de nos produits est terminée ».
De ce fait, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a sonné la mobilisation générale autour des productions locales. « Produire ce que nous mangeons, transformer ce que nous produisons, et consommer ce que nous transformons, voilà le chemin de notre véritable indépendance », a-t-il déclaré.
Il a fait observer: « Quand vous achetez notre haricot vert, […] vous irriguez l’économie du Burkina Faso » ou encore « quand vous revêtez le Faso Dan Fani, […] vous couvrez la dignité de nos tisseuses ».
Partant de cette observation, le président Ibrahim Traoré, a exhorté les administrations, les écoles et les ménages à adopter le réflexe du « consommer local ». « Je souhaite que […] nous adoptions le réflexe de garnir nos assiettes de mets typiquement burkinabè », a-t-il indiqué, plaidant pour que « le consommer local soit un réflexe de tous les jours ».
A l’endroit des commerçants, il a dit ceci « En choisissant nos produits, vous combattez la vie chère et vous bâtissez un Burkina souverain et fier.» Car, après tout, a-t-il poursuivi, « le confort immédiat de l’importation est un piège qui hypothèque l’avenir de nos enfants. Nous avons choisi le chemin de la dignité……celui qui remplit votre assiette finit par vous dicter sa volonté ».
« Au champ, redoublons d’efforts ! Au marché, choisissons nos produits ! À table, soyons fiers de ce que nous sommes ! », a-t-il recommandé.

