Brice Oligui Nguema, président du Gabon
Le mercredi 18 février 2026, plusieurs réseaux sociaux dont Facebook, youtube, tiktok, Instagram sont coupés. La présidence du Gabon les accuse de porter atteinte à la « stabilité » et la «sécurité» du pays à un moment où la tension sociale monte.
Par Yaniss Pognon
L’accès à ces réseaux sociaux demeurera interrompu jusqu’à l’adoption d’un cadre législatif et réglementaire encadrant leur usage.
La présidence du Gabon qui a pris la décision explique que la mesure vise à préserver la «stabilité» des institutions de la République.
Le pays est actuellement confronté à une crise sociale qui échappe au contrôle du président Brice Oligui Nguema et de son gouvernement.
Depuis un mois environ, le monde éducatif est en crise. Plusieurs enseignants sont en grève et malgré les tentatives de l’Exécutif d’étouffer le mouvement, le débrayage se poursuit. Internet étant utilisé pour faciliter la communication entre grévistes et se passer des mots d’ordre.
C’est dans ce contexte qu’intervient la «coupure temporaire» des réseaux sociaux. Mais le porte-parole de la présidence gabonaise,Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe, selon des médias locaux, nie tout lien entre la mesure de suspension d’internet et les revendications sociales actuelles.
Il s’en défend : « La grogne est beaucoup moins forte aujourd’hui dans le secteur éducatif et sur le front social de manière générale, et donc ce n’est pas du tout cela qui motive la décision de suspendre temporairement les réseaux sociaux.»
En janvier 2026, des mouvements de contestation ont eu lieu dans plusieurs secteurs publics, tels que la santé, l’enseignement supérieur et l’audiovisuel, avec des revendications similaires. Lesquelles ayant porté sur la rémunération et les conditions de travail dégradées.
Le gouvernement avait alors mené des négociations et fait des promesses pour remettre ces fonctionnaires au travail. A peine un mois que déjà d’autres enseignants vident les salles de classe et abandonnent les élèves.
Des doutes subsistent quant à la véracité des arguments avancés par Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe, pour justifier la suspension des réseaux sociaux.
Pourquoi avoir donc choisi cette période de turbulences sociales pour couper temporairement internet au Gabon?

