La mise en œuvre de l'ÉCO sera-t-elle effective pour remplacer le franc CFA?
Monrovia, la capitale du Libéria, a accueilli du 4 au 13 février 2026, une rencontre ayant réuni les principales institutions monétaires et financières de la région au sujet de la monnaie ECO. L’objectif est d’accélérer la mise en œuvre de ce projet dont l’entrée en vigueur est prévue pour 2027.
Par Yaniss Pognon
Plusieurs fois reportée, la nouvelle échéance de la mise en œuvre du projet de la monnaie ECO est prévue pour 2027. Pour accélérer les travaux, une réunion s’est tenue à Monrovia au Libéria à laquelle ont pris part plusieurs institutions monétaires et financières.
Les discussions menées ont été techniques et s’articulent autour de l’harmonisation des taux d’inflation, des défis budgétaires, de la dette publique et des systèmes de paiement régionaux.
Des débats qui s’inscrivent en droite ligne des décisions qui ont été prises au sommet de décembre 2025 à Abuja.
A ce sommet des chefs d’État en 2025, ils avaient réaffirmé leur engagement à accélérer la convergence budgétaire et monétaire.
Pendant deux semaines à Monrovia, des experts en finance, en économie et des spécialistes de la monnaie, ont travaillé dans le but de renforcer la coordination des politiques monétaire et budgétaire entre les États membres.
La question majeure est de veiller à ce que « les indicateurs macro économiques convergent suffisamment pour que l’ECO puisse remplacer les devises nationales.»
Toute la problématique de la mise en oeuvre de la monnaie commune à la région se trouve à ces niveaux techniques susmentionnés.
La volonté des chefs d’État suffirait-elle pour que l’ECO devienne la monnaie commune en remplacement du franc CFA? Rien n’est gagné d’avance.
Surtout que déjà, un communiqué de la Présidence nigériane, vient briser l’élan volontariste de certains États membres enthousiastes de la mise en œuvre de l’ÉCO.
Le document précise que «la première phase de mise en œuvre devrait concerner le Liberia, le Nigeria, le Ghana, la Sierra Leone, la Guinée et la Gambie, sous réserve du respect des critères de convergence macroéconomique convenus et de la finalisation des structures de gouvernance institutionnelle.»
Qu’en est-il des autres pays? Le projet se fera sans doute sans eux! Les huit pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui partagent déjà une monnaie commune et une banque centrale intégrée ( BECEAO) se mettront donc en marge de cette première et déterminante étape pour la mise en œuvre de la monnaie ÉCO. Le débat est relancé.

