L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.
L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, revient sur les épisodes majeurs de la crise politico-militaire qui a secoué la Côte d’Ivoire entre 2000 et 2011. La justice a-t-elle été rendue de manière équitable ? Et pourquoi selon lui, les véritables responsables n’ont jamais été inquiétés?, s’est-il questionné dans un message rendu public le 8 décembre 2025.
Par Nounpèthé Kambou
L’ex-Président ivoirien Laurent Gbagbo a indiqué avoir saisi son avocat Me Emmanuel Altit, pour ressaisir la Cour Pénale Internationale (CPI) à l’effet de remettre sur la table, le problème de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire qui l’a conduit à la CPI.
Pour lui, s’il est acquitté, la justice devrait relancer le dossier pour rechercher les vrais coupables de la mort de plus de 3000 Ivoiriens.
Le Président Gbagbo évoque d’abord son élection d’octobre 2000 et les premières violences, dont la découverte d’un charnier à Yopougon.
Il rappelle avoir ordonné un procès, qui avait abouti à la relaxe des gendarmes mis en cause. Puis, il décrit les attaques armées de 2002 venues du Burkina Faso, l’installation de la rébellion à Bouaké et la partition du pays.
Il est revenu sur les médiations régionales et internationales, sans résultats décisifs. Face à l’impasse, il affirme avoir accepté deux concessions majeures.
La première, a été de permettre la candidature d’Alassane Ouattara et la seconde, engager un dialogue direct avec Guillaume Soro.
Ces démarches aboutissent à l’Accord de Ouagadougou en 2007 et à la Flamme de la paix à Bouaké. Mais selon lui, le désarmement n’a jamais été mené alors que l’ONU et les partenaires internationaux pressaient pour organiser la présidentielle.
Quant à l’élection de 2010, l’ancien pensionnaire de la CPI, rappelle les résultats du premier tour et la contestation du second.
Il insiste sur la décision du Conseil constitutionnel qui le proclamait vainqueur, avant l’intervention politique et diplomatique d’Alassane Ouattara, de Nicolas Sarkozy et de l’ONU. Il décrit les combats qui ont suivi et sa propre arrestation le 11 avril 2011.
Il rappelle enfin, son acquittement définitif par la CPI en 2021. Pour lui, cette décision aurait dû ouvrir la voie à une enquête sur “les vrais coupables”.
Il demande que la justice établisse les responsabilités dans la rébellion, le génocide et l’organisation du scrutin de 2010.
« La vérité est une condition de la paix », conclut-il. Le dossier doit être repris afin de rendre justice aux victimes.

