Entre la promesse du Chef de l’État et la réalité du marché, il y a une différence qui déconcerte les producteurs. Ce sont des difficultés d’écoulement du cacao qui sont survenues rapidement et qui ont obligé les planteurs à vendre leurs denrées à crédit. Désabusés et désorientés, certains se sont confiés à Agrimedia TV.
Selon ce média qui rapporte les faits, il y a un jeune planteur à Olodio, une ville située à l’ouest de la Côte d’Ivoire dans le département de Tabou, qui a vendu son cacao le 26 décembre 2025.
Près d’un mois après, il n’est toujours pas rentré en possession de son argent. Cette situation n’est pas un cas isolé.
Elle est commune à tous les producteurs en Côte d’Ivoire. Ils vivent dans cette hantise au lendemain incertain.
Les planteurs dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire vivent le même désarroi. Le média relate qu’à San-Pedro, un producteur de cacao explique que la situation est difficile.
« Le cacao que nous avons vendu en octobre, nous avons reçu l’argent en novembre. Tout ce qui a suivi, c’est à crédit», a-t-il dit.
Il a indiqué que ce sont les acheteurs qui donnent leur prix maintenant auquel le planteur est obligé de céder. « Il y a même certains acheteurs qui veulent le kg du cacao à l’ancien prix à savoir 2 200 FCFA.»
D’autres, a-t-il poursuivi, proposent «d’acheter le kg à 2 500 FCFA et dans des «négociations, il en a qui exigent que 4 kg soient retenus dans chaque sac de cacao.»
En cas de refus, a-t-il précisé, «vous serez obligés de vendre votre produit à crédit sans savoir quand recevoir l’argent.»
Il a également affirmé que certains acheteurs qui avaient acheté le cacao à 2 800 FCFA le kg à crédit, sont revenus dire aux producteurs que c’est finalement 2 500 FCFA le kg qui sera payé. Et « celui qui n’est pas d’accord, on lui retournera un cacao au poids égal», a-t-il relaté
Et pourtant en début de campagne agricole, le président Alassane Ouattara a promis au monde paysan que le prix du kg de cacao va passer de 2.200 FCFA à 2.800 FCFA.
Le gouvernement rassure toujours
Quant au gouvernement, il a tenté de rassurer les producteurs que toute la production de la Côte d’Ivoire qui sort des plantations sera achetée.
Lors d’une conférence de presse en date du 14 janvier 2026, le Directeur général du Conseil du Café-cacao (CCC), Brahima Yves Koné, a minimisé les difficultés. Il a plutôt évoqué une campagne de désinformation visant la commercialisation du cacao.
Il a expliqué que les ports de San-Pedro et d’Abidjan fonctionnent normalement. Concernant les camions bloqués aux abords des ports, il a mentionné que ce sont des camions qui n’ont ni connaissements ni documents
Il aqu’aucune cargaison de cacao ne quitte la zone de production sans connaissement validé par l’opérateur et l’exportateur.
Brahima Yves Koné a, toutefois, déploré qu’« à cause de certaines déclarations, le prix est passé de 4 000 à 3 200 FCFA sur le marché international.»


C’est vraiment déplorable de voir des parents dans cet état et le gouvernement gagnerait à lui même implanter des usines de transformation de cacao afin que la vente de la production des paysans ne dépend pas de l’extérieur.