Les pertes post récolte affectent la sécurité alimentaire et les revenus des agriculteurs. La Côte d’Ivoire, un des pays dont l’agriculture est confrontée à cette difficulté, entend relever le défi avec la construction de 80 entrepôts agricoles sur l’ensemble de son territoire.
Par Aminata Sankara
Le projet de construction de 80 entrepôts agricoles sur toute l’étendue du territoire ivoirien a été lancé le 14 février 2026.
D’un coût total de 50 milliards de francs CFA (90,3 millions $), ce projet est financé par un consortium financier international, nommé Rascom, basé au Cap en Afrique du Sud et d’origine australienne.
L’objectif, selon Gomé Gnohité Hilaire, Directeur général de l’Union des sociétés coopératives agricoles de Côte d’Ivoire (l’USCOCI‑COOP‑CA), est «d’améliorer la conservation, la valorisation et la commercialisation des produits agricoles.»
« Ces entrepôts permettront donc à la coopérative qui regroupe 157 coopératives et 70.000 producteurs, de mobiliser des financements pour acheter les denrées de ses membres, les stocker dans de meilleures conditions et limiter ainsi les pertes post‑récolte», selon son premier responsable.
L’Agence ivoirienne de presse (AIP) qui indique que le premier entrepôt, d’une capacité totale de 9 000 tonnes, sera implanté sur un site de deux hectares situé à Toutoubré, près de Gagnoa.
Ce projet vient accompagner les efforts déjà menés par le gouvernement et ses partenaires pour réduire les pertes post‑récolte dans le pays.
En mars 2024, par exemple, les autorités avaient conclu un accord d’un coût de 10, 2 milliards de FCFA avec la firme canadienne O5 Technologies qui prévoit la mise en place de plateformes logistiques intelligentes alimentées par des énergies renouvelables.
Les pertes post‑récolte sont estimées à environ 20 % pour les céréales, 40 à 50 % pour les plantes racines, les fruits et les légumes, 27 % pour les oléagineux, la viande et le lait, et 33 % pour le poisson, selon les estimations de la FAO pour l’Afrique de l’ouest.
Ces pertes affectent également la qualité des denrées et traduisent des risques sanitaires liés à la consommation d’aliments avariés.

