Le Président nigérien, le général d’armée Abdourahamane Tiani.
Le Président nigérien, le général d’armée Abdourahamane Tiani, assume les révocations en série au sommet de l’État. Le ministre du Pétrole a été remplacé à trois reprises. Pareil pour le directeur général des Douanes, changé tout autant. La corruption et la mauvaise gestion des biens publics en sont les causes. « Nous n’agissons pas par sentiments. C’est l’intérêt national qui prime », a martelé le Chef de l’Etat.
Par Jean Marc Kambou, collaborateur
Interrogé sur l’instabilité à la tête du ministère du Pétrole et des Douanes, le Chef de l’État nigérien se montre inflexible. « Quand un responsable dévie de sa mission, la confiance est retirée.» Pour lui, la nomination est un « crédit de confiance ». Sa révocation est « la conséquence d’une confiance trahie », a expliqué le Général Tiani.
Le Président rappelle que les Douanes font partie des forces de défense et de sécurité. Mais l’uniforme, insiste-t-il, « n’est pas une robe d’impunité ». Les responsables doivent défendre « l’intérêt national, pas celui d’un clan, d’un ministre ou du Président ».
Le ton est ferme. « Nous pouvons changer 50 ministres du Pétrole, 50 directeurs généraux des Douanes. S’il le faut, nous le ferons. » Aucune considération personnelle, assure-t-il. Seuls comptent « le pragmatisme et les résultats ».
Dans son argumentaire, le chef de l’État élargit le propos. Il évoque la « réappropriation des ressources naturelles » et la « liberté d’action retrouvée ». Selon lui, le Niger a repris en main sa défense et sa sécurité. Car, « il fut un temps où nos forces ne décidaient pas », affirme-t-il.
Le Président inscrit cette dynamique dans un mouvement régional. « La situation était la même au Mali et au Burkina Faso », soutient-il. Il évoque une volonté partagée de souveraineté et de dignité.
Nul ne doit compter sur la familiarité ou l’appartenance pour se protéger. « Celui qui pense bénéficier d’une couverture n’a rien compris à notre détermination. »
Pour le chef de l’État, la ligne est claire et l’intérêt national reste « le seul et unique guide » de l’action publique.

