Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a ordonné, le mercredi 25 février, l’arrêt des discussions sur une aide américaine de 350 millions de dollars dans le cadre de la stratégie America First Global Health Strategy (AFGHS).
Par Yaniss Pognon
En rejetant cette aide, l’attitude du président Mnangagwa peut paraître ambiguë et incompréhensible pour un pays qui manque de ressources pour faire face à ses besoins de santé.
Mais à l’analyse, c’est un geste symbolique, un patriotisme à encourager en cette période d’éveil des consciences africaines. Car, le refus de l’aide repose sur des éléments concrets et objectifs.
En réalité, l’accord à signer ne se limitait pas seulement à financer les besoins de santé. Il va au-delà. Il exigeait un accès direct aux systèmes d’informations hospitaliers, aux statistiques épidémiologiques et aux plateformes numériques de gestion.
Ce sont des données qui exposent le Zimbabwe puis son futur. Emmerson Mnangagwa a vite compris les intentions américaines en dénonçant les clauses de cet accord « manifestement déséquilibré » qui exige un accès direct américain aux données sanitaires zimbabwéennes et aux minerais critiques.
Les minerais! C’est bien évidemment, le deuxième élément objectif du rejet conséquent de l’aide. Le Zimbabwe possède d’importantes réserves de lithium, un métal clé pour la transition énergétique mondiale.
Face à l’enjeu, le président du Zimbabwe a donné priorité à la souveraineté nationale là où 14 pays africains ont signé des accords similaires. Ces derniers n’ont pas encore compris.

