L'ancien Président burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba.
Le gouvernement togolais a annoncé dans un communiqué publié, le samedi 17 janvier 2026, qu’il a remis l’ancien président Paul-Henri Sandaogo Damiba aux autorités burkinabè. Ce transfèrement fait suite à la demande d’extradition formulée par Ouagadougou et qui a visé l’ancien président en exil au Togo. Mais pourquoi l’avoir extradé à ce moment précis et pas plus tôt ?
Par Yaniss Pognon
Ce n’est pas la première fois que les autorités burkinabè citent le nom de Paul-Henri Sandaogo Damiba dans une tentative de déstabilisation du pays.
En septembre 2023 et Avril 2024, il a été présenté comme le présumé auteur de ces coups d’État déjoués.
Cependant, le Togo n’avait pas réagi. Le 5 octobre 2024, lors des échanges directs avec la population, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, avait laissé entrevoir une possible extradition de Paul Henri Sandaogo Damiba.
En son temps, l’opinion avait retenu que les autorités burkinabè et togolaises échangeaient sur la question mais depuis lors, plus rien.
Selon les informations qui ont filtré des sources proches du dossier, plusieurs facteurs ont favorisé l’extradition en ce moment . Il y a la demande d’extradition qui est assez détaillée en éléments d’appréciation.
Les aveux en vidéos diffusées sur la télévision nationale dans le cadre du putsch déjoué du samedi 3 au dimanche 4 janvier 2026, ont permis également d’argumenter la requête.
Les services de renseignements du Togo avaient aussi eu vent du complot en préparation.
Selon certaines confidences, Damiba aurait été convoqué et les autorités togolaises l’auraient dissuadé à abandonner son œuvre machiavélique.
Il aurait même été averti de ne pas se servir du Togo comme une base arrière pour déstabiliser le Burkina.
Peine perdue, Paul Henri Sandaogo Damiba est allé jusqu’au bout de son initiative et mal lui en a pris.
La demande officielle d’extradition que les autorités togolaises ont reçue le 12 janvier 2026 de Ouagadougou ne saurait laisser indifférent.
Après l’avoir analysée, elles l’ont déclarée conforme aux procédures en vigueur en matière d’extradition, précise le communiqué.
Damida a été interpellé le vendredi 16 janvier 2026 et présenté à la chambre d’instruction de la cour d’appel de Lomé.
Le communiqué mentionne donc qu’à l’issue de son audience publique, la cour d’appel a donné son avis favorable. Il ne restait donc que son extradition qui a été faite le samedi 17 janvier dernier.

