Pendant près de trois ans avant le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les États-Unis et l’Ukraine ont mené un partenariat militaire secret bien plus profond que ce qui était connu publiquement, révèle une enquête du New York Times.
Par Nounpèthé Kambou
Ce partenariat, centré sur le renseignement, la stratégie et la technologie, était orchestré depuis la base américaine de Clay Kaserne à Wiesbaden (Allemagne), où officiers américains et ukrainiens planifiaient ensemble des opérations critiques.
Les États-Unis fournissaient des données satellitaires et des interceptions radio pour identifier les positions russes, transmettant ensuite les coordonnées exactes à l’artillerie ukrainienne.
Toutes les frappes des systèmes HIMARS devaient être approuvées par Washington, y compris celles en territoire russe à partir de 2024.
Une trentaine de conseillers militaires américains étaient déployés près des lignes de front, en violation des limites initiales fixées par Joe Biden.
La CIA a soutenu des attaques de drones maritimes ukrainiens contre la flotte russe à Sébastopol en 2022, endommageant plusieurs navires et forçant Moscou à les retirer.
Les Ukrainiens reprochaient aux Américains un contrôle excessif, tandis que Washington critiquait Kiev pour ses demandes déraisonnables d’armements ou ses choix stratégiques (comme la bataille de Bakhmut en 2023).
Cependant, sous Trump, ce partenariat a été suspendu en mars 2025 pour forcer l’Ukraine à négocier, avant d’être partiellement rétabli après l’accord sur un cessez-le-feu temporaire.
Ce partenariat a permis à l’Ukraine de résister face à la Russie, mais il illustre aussi les risques d’une dépendance stratégique notamment après les menaces d’Elon Musk de couper Starlink, vital pour les communications militaires ukrainiennes.

