Les trois chefs d’État de l'AES: le Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso, le Général d’armée Assimi Goïta du Mali et le Général d’armée Abdourahamane Tiani du Niger.
Bassolma Bazié, président de la Commission nationale de la Confédération des Etats du Sahel (AES) Burkina, en visite à Bamako au Mali, a été interrogé par la télévision nationale malienne, sur la monnaie commune confédérale. Il a appelé à la patience et à la confiance envers les dirigeants de la Confédération.
Par Elie Fagnaan
« La monnaie s’annonce et continue de s’annoncer de façon très sereine », chez les trois dirigeants de l’AES, a déclaré l’ancien ministre d’Etat du Burkina Faso.
La prudence actuelle dans les réflexions sur cette monnaie, est importante selon M. Bazié, pour bâtir une monnaie durable, crédible et résistante aux pressions extérieures.
« La monnaie est un pilier de l’indépendance, mais elle ne se décrète pas dans la précipitation », a-t-il insisté.
Celle de l’AES est toujours d’actualité et fait l’objet de concertation étroite entre les trois chefs d’État, à savoir, le Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso, le Général d’armée Assimi Goïta du Mali et le Général d’armée Abdourahamane Tiani du Niger.
Bassolma Bazié s’est appuyé sur une récente déclaration du général d’armée Abdourahmane Tiani, Président du Niger, pour rassurer que les chefs d’État sont « en réflexion permanente » sur la question monétaire.
Le moment venu, précise-t-il, la communication sera assurée par des spécialistes mandatés. « Si nous avons confiance en nos leaders, il n’y a pas de raison de douter », a-t-il affirmé.
L’ex-ministre de la Fonction publique du Burkina Faso, rappelle que l’absence actuelle d’une monnaie propre, ne remet pas en cause les avancées enregistrées.

Il cite notamment, l’inauguration d’une banque d’investissement, le lancement d’une radio et d’une télévision communautaires, présentés comme des étapes structurantes.
Le responsable de la Commission AES Burkina, a également évoqué les épreuves déjà traversées par la Confédération.
Alors que certains prédisaient un effondrement rapide, l’AES poursuit son chemin, près de trois ans après sa mise en place.
Pour lui, ces précédents démontrent la capacité des dirigeants à faire face aux pressions et aux crises.
Bassolma Bazié s’appuie sur les leçons de l’histoire africaine, notamment celles de la Guinée en 1958, pour expliquer que l’indépendance politique et monétaire sans préparation économique, peut entraîner de lourdes conséquences.
Sans préparation suffisante dit-il, l’indépendance monétaire peut exposer les États à des chocs économiques majeurs. C’est qui justifie selon lui, la prudence des dirigeants sahéliens.
Il assure enfin que les États membres parviennent déjà à contourner certaines contraintes, notamment pour l’acquisition d’équipements militaires, agricoles et médicaux. Car « Construire une confédération solide, exige des bases durables », a-t-il conclu.

