Les panélistes ont expliqué le rôle de la femme dans le vivre-ensemble au Burkina Faso en explorant les mécanismes anciens de nos sociétés
En marge de l’ouverture de l’exposition artistique «Le Conseil des ministres», un panel s’est tenu le lundi 16 mars 2026 au Musée national sur le thème : « Femmes, actrices majeures du vivre-ensemble.» Une occasion pour les panélistes d’échanger sur le rôle des femmes dans la cohésion sociale pour l’avenir du Burkina Faso.
Par Achille Zigan
Lors du panel, Marie Ruth Bintou Diallo, experte en genre, et Kady Traoré, réalisatrice de cinéma ont replacé le débat sur le rôle de la femme dans le vivre-ensemble dans son contexte.
Elles ont expliqué que le vivre-ensemble ne peut se consolider sans l’engagement de la femme. Car, sa contribution est essentielle dans la construction d’une société plus équilibrée et plus inclusive, a déclaré Marie Ruth Bintou Diallo.
Selon elle, le vivre-ensemble se traduit par des gestes simples et les «sociétés africaines disposaient historiquement de mécanismes solides de régulation sociale de sorte que chacun réponde de ses actes.»
Mais l’experte en genre déplore que certains déséquilibres actuels résultent de l’affaiblissement de valeurs collectives telles que le sens de la responsabilité et le refus de l’impunité.
Elle a notamment accusé la colonisation qui a «véritablement réduit l’autonomie économique des femmes.» Plus grave, a-t-elle fait savoir, le colon a instauré de nouvelles frustrations sociales.
La deuxième panéliste, Kady Traoré, a, pour sa part, évoqué la responsabilité des femmes artistes. Celles-ci, a-t-elle révélé, portent une double mission à savoir celle d’éducatrice dans leur foyer et celle de porteuse de messages dans l’espace public.
Elle a montré la manière dont le cinéma peut dévoiler les tensions quotidiennes, les conflits conjugaux, les rapports de pouvoir et même les aspirations professionnelles.
Kady Traoré a mentionné que chaque œuvre peut influencer des comportements tout comme elle peut renforcer la cohésion ou nourrir les fractures. La modération du panel a été assurée par Bassératou Kindo.

